Primetime, le film où Robert Pattinson incarne l’animateur le plus glaçant de la télé américaine

Vous vous souvenez peut-être de « To Catch a Predator », cette émission américaine du milieu des années 2000 qui tendait des pièges à des hommes venus rencontrer des mineurs, caméras cachées et coup de théâtre en direct. Son animateur, Chris Hansen, débarquait toujours au pire moment, dossier à la main, l’air faussement désolé. C’est lui que Robert Pattinson interprète dans Primetime, en salles chez nous depuis le 23 septembre.

Le film de Lance Oppenheim nous replonge en 2006, dans les coulisses de la fabrication de ce programme. On y suit une équipe prête à tout pour transformer la traque en spectacle, avec ce que ça suppose de dérapages, d’ego et de morale à géométrie variable. Ce n’est pas un documentaire, même si tout part de faits réels. Le scénario d’Ajon Singh s’inspire d’un long article d’Esquire paru en 2007, et il en tire une satire assez féroce de la télé qui carbure au sensationnel.

Oppenheim, jusqu’ici, ne faisait que du documentaire. Pour son premier vrai film de fiction, il a visé haut, et ça se voit : Primetime était en compétition à la Mostra de Venise début septembre, aux côtés des grands noms de la saison. La presse en est ressortie plutôt secouée, saluant un Pattinson complètement lâché dans un rôle de type charmeur et inquiétant à la fois. On est loin du vampire scintillant.

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En attendant de le voir en animateur toxique, le Pattinson version chevalier noir reste un sacre morceau a (re)voir.

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Autour de lui, un casting qui vaut le coup d’œil, avec Merritt Wever, Skyler Gisondo et même la musicienne Phoebe Bridgers qui passe devant la caméra. Le tout tient en 110 minutes, c’est nerveux, ça ne s’éternise pas, et c’est produit par A24, la maison qui a le chic pour dénicher ce genre de projets un peu tordus.

Si vous voulez mon avis, c’est le film à aller voir ce mois-ci pour ceux que le vrai crime et les dérives des médias fascinent. Le sujet est franchement dérangeant, donc âmes ultra-sensibles s’abstenir, mais c’est justement là que le film travaille : il ne vous laisse pas confortablement juger depuis votre fauteuil. Il vous demande plutôt pourquoi on regardait tout ça, à l’époque, avec du pop-corn. Bonne question, d’ailleurs.

Crédit photo : A24