Le musée Marmottan fait dialoguer Monet et Hockney pour raconter cent trente ans de paysages

À partir du 24 septembre, le musée Marmottan Monet, dans le 16e arrondissement de Paris, ouvre une exposition qui part des Nymphéas et finit chez David Hockney. Entre les deux, plus d’un siècle de peinture, de photo et même de vidéo. Le titre annonce la couleur : « Histoires de paysages, de Monet à Hockney (1890-2026) ».
L’idée est simple et un peu vertigineuse. Prendre le paysage, ce genre qu’on croit décoratif et tranquille, et montrer qu’il a tout encaissé des cent trente dernières années. Les guerres, l’abstraction, l’écologie, la mémoire des lieux. Le commissaire, Pierre Wat, professeur à la Panthéon-Sorbonne et spécialiste du sujet, a découpé le parcours en onze sections. Ça va de « Nymphéas pour l’histoire » à « Paysages de l’Anthropocène », en passant par « Paysages en guerre ». On sent qu’il ne s’agit pas juste d’aligner de jolies vues.
Côté noms, c’est du lourd. Monet ouvre le bal avec un panneau de Nymphéas peint autour de 1918. Ensuite débarquent Bonnard, Vallotton, Munch, Soutine, mais aussi des photographes américains comme Walker Evans et des contemporains comme Alex Katz ou Anna-Eva Bergman. Peinture, photographie, sculpture, vidéo : le paysage n’appartient à aucune technique en particulier, et l’expo le prouve en mélangeant les supports plutôt qu’en les rangeant par cases.
Pour prolonger le parcours du cote de Hockney, cette monographie le suit justement sur le terrain du paysage :
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Ce qui me plaît dans ce genre d’accrochage, c’est qu’il refuse la ligne droite. Pas de grande marche triomphale de l’impressionnisme vers l’art d’aujourd’hui. Plutôt des allers-retours, des échos entre une toile de 1918 et une image des années 2000. On regarde un nénuphar de Monet, puis quelques salles plus loin une terre brûlée, et on comprend que le même motif peut consoler ou alerter.
Prévoyez du temps. Le Marmottan reste un musée à taille humaine, mais l’accrochage est dense. L’expo tient jusqu’au 31 janvier 2027, avant de repartir au musée de Grenoble, coproducteur, du 5 mars au 4 juillet. Si vous êtes du genre à filer voir les nénuphars dès qu’il pleut sur Paris, celle-ci est clairement pour vous. Et pour une fois qu’on nous propose Hockney et Monet dans la même phrase sans que ce soit une pub, autant en profiter.
Crédit photo : Claude Monet / Art Institute of Chicago (domaine public)
