Comète sort le 15 juillet en même temps que Nolan, et c’est le film qu’on ira voir dans la petite salle d’à côté
Il y a des mercredis où tout le monde regarde dans la même direction. Demain, ce sera vers l’IMAX, vers Matt Damon en Ulysse, vers L’Odyssée. Le même jour, dans la salle du fond, celle avec quarante fauteuils et une moquette fatiguée, sort Comète.
Élie Wajeman y filme Paris une nuit où une comète traverse le ciel. Rien d’autre. Pas de fin du monde, pas de gouvernement en cellule de crise : juste des gens qui lèvent la tête, et des destins qui se frôlent dans une ronde un peu mystérieuse. Deux amis marchent dans la ville et font le point sur leur vie. Une jeune femme retrouve un père qu’elle n’attendait plus. Une autre écoule de la drogue pour le compte de son frère. Ailleurs, des comédiens répètent une pièce qui raconte étrangement la même chose qu’eux.
Wajeman a réuni dix-huit acteurs pour ce film choral, en piochant autant chez ses fidèles que chez des gens de théâtre et des visages qu’on n’a jamais vus. Vincent Macaigne est là, forcément, comme dans Médecin de nuit. Lou Lampros, Alexia Chardard et Sandor Funtek complètent la troupe. Le film est passé par le Festival de Cabourg au printemps, ce qui vous donne à peu près la température : on est dans l’amoureux, le mélancolique, le nocturne.
Si vous voulez voir d’où vient Comète, le précédent film d’Élie Wajeman avec Vincent Macaigne et Lou Lampros est une bonne porte d’entrée.
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Alors autant vous prévenir tout de suite. Si vous cherchez du récit qui avance, des enjeux, une résolution qui vous prend par la main, vous allez trouver le temps long. Ici les silences, les déplacements, les hésitations pèsent autant que les dialogues, et le film préfère laisser résonner plutôt qu’expliquer. C’est un cinéma qui demande qu’on regarde au lieu d’attendre.
Il a quand même un argument imparable : 1h37. Pas de complaisance, pas de deuxième acte qui s’étire pour faire sérieux. Vous entrez, vous vous laissez porter une heure et demie, vous ressortez avec l’envie bizarre de marcher un peu avant de reprendre le métro. C’est franchement rare.
Le meilleur programme de la semaine, du coup, c’est peut-être les deux. Nolan le mercredi pour le grand fracas mythologique, et Comète un soir de semaine, dans une salle à moitié vide, quand vous n’aurez plus envie qu’on vous en mette plein la vue. Les films qui se contentent de regarder les gens vivre ne restent jamais très longtemps à l’affiche.
Crédit photo : Dulac Distribution / Keep the Peach Prod
