La tarte tropézienne, cette brioche à la crème que Bardot a baptisée sur un tournage et qui règne encore sur Saint-Tropez

Il y a des desserts qui sentent l’été à eux tout seuls. Celui-là en fait partie. Une grosse brioche moelleuse, saupoudrée de sucre en grains qui croque sous la dent, fendue en deux et généreusement fourrée d’une crème blonde. Vous en croisez à chaque coin de rue quand vous descendez sur la Côte, et pourtant beaucoup de gens ignorent d’où elle sort vraiment.

L’histoire commence avec un pâtissier polonais, Alexandre Micka, arrivé en France en 1945. Il s’installe à Saint-Tropez et ouvre sa boutique, avec dans ses cartons une recette de brioche à la crème héritée de sa grand-mère. Rien de tapageur au départ, juste un gâteau de famille qu’il vend à la clientèle du coin.

Et puis 1955 débarque. Roger Vadim tourne « Et Dieu créa la femme » dans le village, et Micka se retrouve à nourrir toute l’équipe du film. Brigitte Bardot goûte, adore, et lui glisse qu’il devrait donner à ce gâteau le nom de la ville. Voilà comment un dessert de pâtissier immigré devient « la tarte tropézienne », propulsé par le succès du film et par l’aura de Bardot au passage.

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Ce qui fait tout son charme, c’est cette double crème gardée secrète. Une crème pâtissière allégée mêlée à une crème au beurre, quelque part entre la mousseline et la chantilly, ni trop lourde ni trop sucrée. La brioche, elle, doit rester aérienne. C’est un équilibre fragile, et c’est précisément là que se joue la différence entre une bonne tropézienne et une éponge sans intérêt.

Faut-il la faire soi-même ? Honnêtement, c’est un vrai chantier. La brioche demande du temps de pousse, la crème un peu de doigté, et le résultat maison ne rivalise pas toujours avec celui d’un bon artisan. Si vous passez du côté de Saint-Tropez cet été, autant aller la chercher à la source, chez ceux qui perpétuent le nom déposé. Ailleurs, une pâtisserie sérieuse fera très bien l’affaire.

Le bon moment pour l’attaquer, c’est frais, sortie du frigo, avec un café serré. Elle se partage aussi très bien à plusieurs, parce qu’une part entière, c’est costaud. Bref, si vous cherchez un dessert qui raconte une époque en même temps qu’il vous régale, celui-là a de sérieux arguments. Bardot n’avait pas mauvais goût.

Crédit photo : Illustration générée par IA