King Gizzard lâche un album techno sans prévenir, et le groupe le plus bavard du rock part carrément en rave

Vendredi, sans annonce, sans single de teasing, King Gizzard & The Lizard Wizard a posé un nouvel album sur les plateformes. Il s’appelle Alien Metal, et ce n’est pas du rock. C’est de la techno. De la vraie, avec du breakbeat, un peu de jungle, de la house qui cogne. Le genre de virage qu’on n’attend pas d’un groupe de garage psyché australien, sauf que ceux-là nous ont habitués à tout.

Petit rappel pour ceux qui découvrent : c’est leur vingt-huitième album studio. Vingt-huitième. Le groupe sort des disques à une cadence qui n’a plus vraiment de sens, et pourtant ça tient debout à chaque fois. Là, ils ont enregistré la chose en une semaine au milieu de l’année dernière, autour d’un gros rig de synthés modulaires qu’ils ont surnommé Nathan. Huit morceaux, quarante minutes, et surtout un truc qu’ils adorent faire : chaque piste s’enchaîne dans la suivante sans coupure, donc l’album peut tourner en boucle à l’infini. Vous mettez lecture, et techniquement ça ne s’arrête jamais.

Ce n’est pas non plus une lubie tombée du ciel. Depuis The Silver Cord en 2023, ils tâtonnent avec l’électronique, ils balancent des sets rave pendant leurs concerts. Alien Metal, c’est juste le moment où ils y vont à fond. Le premier morceau lâché en amont, Level 5, donnait déjà le ton début juillet.

Nonagon Infinity (vinyle)

Envie de comprendre cette obsession du disque qui tourne en boucle ? Leur album le plus connu est justement pensé pour ça.

Nonagon Infinity (vinyle) → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Le plus dingue, c’est le contexte. La sortie tombe pile pour l’ouverture de leur propre festival, Field of Vision, qu’ils organisent eux-mêmes du côté de Buena Vista, dans le Colorado. Donc vous imaginez la scène : les gens débarquent pour un week-end King Gizzard, et le groupe leur balance un album de techno le jour même. Le chanteur Stu Mackenzie raconte d’ailleurs qu’ils ont jeté à la poubelle plus de matière que jamais, des albums entiers, des univers entiers effacés puis recommencés.

Alors franchement, à qui c’est destiné ? Pas forcément aux fans de la première heure venus pour les riffs. Mais si vous aimez quand un groupe refuse de se répéter, ou si vous cherchez juste un truc qui pulse pour finir un été un peu mou, ça se tente. Quarante minutes en boucle infinie, mettez ça dans un casque et voyez où ça vous emmène. Moi je trouve ça sain, un groupe qui préfère se planter en explorant plutôt que ressortir le même disque.

Crédit photo : King Gizzard & The Lizard Wizard