Phoebe Bridgers rompt six ans de silence avec Lost Weekend, seize chansons rangées en trois actes

Six ans qu’on attendait ça. Phoebe Bridgers sort enfin son troisième album solo, Lost Weekend, le 14 août chez Dead Oceans. Le précédent, Punisher, datait de 2020, autant dire une éternité pour celles et ceux qui l’ont mis en boucle pendant les confinements.

Depuis, elle n’a pas chômé pour autant. Il y a eu boygenius, le supergroupe monté avec Julien Baker et Lucy Dacus, des tournées énormes et un paquet de collaborations. Mais l’album solo, le vrai, celui avec son seul nom sur la pochette, il manquait.

Seize titres, c’est son plus gros disque à ce jour, découpé en trois faces comme un vieux triple vinyle qu’on écoute dans l’ordre. Le premier single, « Lost Boys », est arrivé avec son clip, réalisé par Lance Oppenheim et Pablo Rochat. À la production, elle s’est entourée de Tony Berg, Ethan Gruska et Jack Antonoff, autrement dit une partie de l’écurie qui a sculpté le son de la moitié de la pop américaine ces dernières années.

Le contexte rend l’attente particulière. Bridgers écrit des chansons qui parlent de deuil, de familles compliquées et de petites fins du monde intimes, mais toujours avec cet humour noir qui empêche de sombrer pour de bon. Et six ans de vie, ça laisse forcément de la matière. Elle a 31 ans, elle a traversé pas mal de choses depuis Punisher, et on sent dans « Lost Boys » qu’elle n’a rien perdu de sa manière de faire cohabiter le désespoir et la blague dans la même phrase.

Trois faces, donc, comme un récit qu’on lit d’un bout à l’autre. La construction n’est pas anodine chez une artiste qui soigne autant l’objet que les mélodies.

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La tournée, baptisée The Lost Tour, suivra de septembre à décembre 2026. Rien d’annoncé côté dates françaises pour l’instant, mais vu la ferveur autour de boygenius de ce côté-ci de l’Atlantique, on a bon espoir.

Pour qui c’est ? Si vous aimez la folk mélancolique qui murmure avant de vous cueillir, la famille Sufjan Stevens, Elliott Smith, Julien Baker, vous êtes exactement au bon endroit. Si vous cherchez de quoi vous booster pendant un footing, par contre, passez votre chemin. Ce n’est pas ce disque-là.

Le mieux, c’est de l’écouter le soir, casque sur les oreilles, sans rien faire d’autre. Ces chansons détestent le bruit de fond, elles veulent toute la place.

Rendez-vous le 14 août, donc. Six ans, on peut bien tenir deux semaines de plus.

Crédit photo : Phoebe Bridgers / Dead Oceans