Garance, le film qui suit une actrice pendant huit ans de descente et de renaissance dans l’alcool

Jeanne Herry est une réalisatrice qu’on ne présente plus vraiment. On lui doit Pupille et surtout Je verrai toujours vos visages, ce film sur la justice restaurative que beaucoup rangent parmi les meilleurs films français de la décennie. Elle revient le 23 septembre avec Garance, sélectionné en compétition officielle au dernier Festival de Cannes, où il concourait pour la Palme d’or. Et c’est un film qui ne ressemble à rien de ce qu’elle avait fait avant.

Le sujet, d’abord. Garance est une jeune comédienne alcoolique. Le film la suit sur huit ans, ce qui est long, et c’est justement le pari. Pas une chute nette avec une morale à la fin. Plutôt une vie entière qui défile, des déménagements, du travail, des fêtes, des angoisses, des joies bêtes et des coups durs. Une révolution intime aussi, amicale et sexuelle. Herry parle d’un chaos aux allures de grande récré, où l’amour et la destruction se mélangent sans qu’on puisse toujours les démêler. Bref, la vraie vie quand elle part de travers.

Au centre, il y a Adèle Exarchopoulos, et là on tient sans doute le vrai événement. Elle porte le film entier sur ses épaules, présente dans quasiment chaque plan, et la critique cannoise n’a pas boudé son plaisir. À ses côtés, Sara Giraudeau, dans un registre qu’on lui connaît moins. L’ensemble tient en 1h45, ce qui pour un récit couvrant huit années tient presque de la prouesse de montage.

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Pour patienter, le précédent film de Jeanne Herry, celui qui l’a fait connaître du grand public :

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Ce qui frappe, c’est le refus du film catastrophe sur l’addiction. Pas de leçon de vie, pas de spectateur qu’on prend par la main pour lui expliquer que boire c’est mal. Herry filme une trajectoire cabossée sans jamais la juger, et c’est probablement ce qui la rend crédible. On peut ressortir un peu sonné, c’est le risque. Mais c’est aussi le genre de film qui reste avec vous quelques jours.

Pour qui, donc ? Pour ceux qui aiment le cinéma français quand il ose l’intime sans le vernis. Pour ceux qui suivent Exarchopoulos depuis La Vie d’Adèle et veulent la voir ailleurs que dans un second rôle. Et pour tous les autres, franchement, ça se tente. On note la date, le 23 septembre, et on se garde une place.

Crédit photo : StudioCanal