Digger, le film qui met enfin Tom Cruise à la comédie sous la houlette d’Iñárritu

Digger, le film qui met enfin Tom Cruise à la comédie sous la houlette d'Iñárritu

On n’avait jamais vu Tom Cruise faire ça. À plus de soixante ans, l’homme qui saute des avions et s’accroche aux façades s’offre sa toute première comédie, et pas avec n’importe qui : Alejandro González Iñárritu derrière la caméra, son premier film en anglais depuis The Revenant en 2015. Autant dire que ça détonne.

Le film s’appelle Digger et sort le 2 octobre chez nous, un poil avant aux États-Unis. Cruise y joue Digger Rockwell, un magnat du pétrole présenté comme l’homme le plus puissant du monde. Le pitch tient en une phrase : ce type déclenche une catastrophe et se lance dans une course frénétique pour prouver qu’il est le sauveur de l’humanité. Sauf que voilà, plus il essaie de réparer, plus ça part en vrille. Iñárritu appelle ça une comédie de proportions catastrophiques, et le mot est bien choisi.

Ce qui rend l’affaire intrigante, c’est le grand écart. On connaît Iñárritu pour son cinéma plombé et magnifique, Birdman, Babel, The Revenant. Le voir basculer dans la satire d’un milliardaire qui se prend pour un messie, c’est franchement inattendu. Et le personnage de Cruise, ce faux héros persuadé de tout maîtriser, semble taillé pour tordre son image d’action man increvable.

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Le casting fait plaisir à lire. Riz Ahmed en assistant scientifique du président, John Goodman en président américain plutôt dictatorial, Sandra Hüller (l’immense actrice d’Anatomie d’une chute) dans le rôle de la sœur de Digger, plus Jesse Plemons et Michael Stuhlbarg quelque part dans le décor. Belle brochette.

Côté fabrication, on est sur du sérieux : 125 millions de dollars de budget, un tournage en VistaVision sur pellicule 35 mm à Pinewood, et Emmanuel Lubezki à la photo, le chef op’ aux trois Oscars qui avait déjà signé la lumière de Birdman et du Revenant. Rien que ça. Le résultat fait 2h08, ce qui reste raisonnable vu l’ampleur du bazar annoncé.

Faut-il y croire ? Difficile à dire tant que le film n’est pas devant nos yeux, une comédie ratée peut vite virer au malaise. Mais l’idée de voir Cruise se moquer du surhomme qu’il incarne depuis quarante ans, portée par un cinéaste de cette trempe, ça donne quand même sacrément envie. On sera dans la salle le 2 octobre, promis.

Crédit photo : Warner Bros. Pictures