Le Tombeau des lucioles revient au cinéma le 1er juillet, et c’est le film d’animation qui vous laisse muet vingt minutes après le générique

Il y a des films qu’on revoit avec plaisir. Et puis il y a Le Tombeau des lucioles, qu’on revoit avec une boule au ventre et zéro regret. Le chef-d’œuvre d’Isao Takahata pour le Studio Ghibli ressort dans les salles françaises le 1er juillet, près de quarante ans après sa sortie de 1988. Si vous ne l’avez jamais vu sur grand écran, c’est l’occasion. Et franchement, c’est là qu’il faut le voir.

Pour celles et ceux qui passeraient à côté : on suit Seita et sa petite sœur Setsuko dans le Japon de 1945, en pleine fin de guerre. Les bombardements américains rasent leur ville, leur mère meurt, et les deux enfants se retrouvent livrés à eux-mêmes. Voilà le décor. Inutile de vous faire un dessin sur la trajectoire.

Ce qui rend ce film si bouleversant, c’est qu’il ne triche jamais. Takahata s’est inspiré de la nouvelle semi-autobiographique d’Akiyuki Nosaka, écrite en 1967, qui racontait sa propre culpabilité d’avoir survécu là où sa petite sœur, elle, n’a pas tenu. Il n’y a pas de méchant, pas de morale appuyée, pas de musique qui vous prend par la main pour vous dire quand pleurer. Juste deux gamins et la guerre qui broie tout autour.

Et pourtant ce n’est jamais misérabiliste. Il y a une douceur folle dans les petits riens : un bonbon partagé, des lucioles qu’on attrape dans la nuit, un abri au bord d’un étang transformé en maison d’enfants. Ce sont ces instants de tendresse qui rendent le reste insoutenable. Takahata vous fait aimer ces deux-là, puis vous regarde dans les yeux.

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L’animation, elle, n’a pas pris une ride. Les couleurs douces, la lumière de l’été japonais, le mouvement des lucioles dans le noir : tout cela tient encore parfaitement sur grand écran. On oublie vite qu’il s’agit d’un film de 1988. C’est aussi pour ça que le voir en salle change tout par rapport à un visionnage distrait sur un canapé.

Petite précision pour les familles : malgré son format animé, ce n’est pas un film pour les tout-petits. C’est dur, et c’est fait pour. Réservez-le plutôt aux ados et aux adultes.

Bonne nouvelle pour les puristes, le film est passé par la sélection Annecy Classics au Festival international du film d’animation, fin juin, avant cette ressortie nationale assurée par Sony Pictures. De quoi le redécouvrir dans les meilleures conditions.

Prévoyez juste un paquet de mouchoirs et personne à qui parler en sortant. Vous m’en direz des nouvelles.

Crédit photo : Illustration générée par IA