Mystery Jets ressortent d’un silence de cinq ans avec un album né d’une carte postale de Yoko Ono

On les croyait un peu perdus de vue. Depuis « A Billion Heartbeats » en 2020, ce disque nerveux et politique où Blaine Harrison chantait les manifs et les urgences, les Mystery Jets s’étaient tus. Cinq ans plus tard, les revoilà avec « A Hole To See The Sky Through », sorti le 21 août chez Fiction Records. Septième album, et sans doute le plus intime de leur carrière.

Le titre n’est pas d’eux. C’est une œuvre de Yoko Ono, une carte postale qui invite à regarder le ciel à travers un trou, qu’elle a autorisé le groupe à reprendre en pochette. De cette image toute simple, Harrison a tiré une idée qui traverse le disque : l’espoir ne demande pas que l’obscurité s’en aille, il demande juste qu’on change ce qu’on regarde. Écrit après des deuils et des passages à vide, l’album cherche des éclats de lumière sans jamais nier le noir autour.

Ceux qui connaissent le groupe depuis Eel Pie Island, cette petite île de la Tamise d’où ils viennent, retrouveront leur signature. Neuf chansons, produites par Leo Abrahams dont le calme a visiblement laissé la musique respirer. C’est le pendant rentré de « Curve of the Earth », qui en 2016 fixait les étoiles et l’espace ; ici, on regarde vers l’intérieur.

Mystery Jets - A Hole To See The Sky Through (vinyle)

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Tout n’est pas au même niveau, et la presse anglaise l’a bien senti. Le disque prend son temps, s’installe parfois dans un confort un peu trop moelleux, sans la fièvre de leurs débuts. Mais quand ça décolle, ça décolle vraiment. « Black Sage » et ses riffs saturés noyés de synthés scintillants rappellent le meilleur de « Serotonin », leur album pop de 2010. « Flea Joint » et « Godrays » sortent aussi du lot.

Ce n’est pas le disque qui va convertir les foules ni relancer une carrière de vingt ans d’un coup. C’est autre chose : le retour d’un groupe qui a traversé des choses et qui préfère chuchoter son espoir plutôt que de le hurler. Pour ceux qui aiment l’indie anglais qui pense en marchant, celui de Bombay Bicycle Club ou des vieux Maccabees, c’est une belle demi-heure à passer.

À écouter un soir un peu bas, la fenêtre ouverte, en cherchant votre propre trou dans le ciel.

Crédit photo : Fiction Records