Jean-Philippe Toussaint revient avec un roman d’espionnage où un orphelin hérite malgré lui d’une clé USB qui fait trembler Bruxelles
Jean-Philippe Toussaint revient, et rien que ça, c’est un petit événement de cette rentrée. On parle de l’auteur de La Salle de bain, ce premier roman de 1985 qui tenait dans une poche et qui avait posé une écriture à nulle autre pareille, minimaliste, drôle à froid, obsédée par les détails que tout le monde zappe. Quarante ans après, il publie La Hantise aux Éditions de Minuit, le 27 août, pour 22 euros.
Le pitch a de quoi surprendre chez lui : un roman d’espionnage. Enfin, presque. Le narrateur vient de perdre son père. Il se retrouve un jour au Parlement européen, abordé par un certain John Stavropoulos, un lobbyiste qui travaille pour la Chine, lequel lui laisse entre les mains une clé USB. Sauf que la clé contient de quoi faire sauter un réseau de corruption internationale, avec une belle fraude aux aides au développement de l’Union européenne en toile de fond. Le voilà embarqué dans une histoire qui le dépasse complètement.
Et comme toujours chez Toussaint, l’intrigue n’est qu’un prétexte. Au milieu du danger, le narrateur tombe amoureux de Yolanda Paul, qui pourrait bien l’aider à déjouer les pièges qu’on lui tend. C’est là que ça devient intéressant : l’espionnage et le sentiment amoureux, la géopolitique et le trouble intime, tout ça tenu dans la même phrase, avec ce ton pince-sans-rire qui fait sa marque. On sourit souvent, même quand la menace est bien réelle.
Le roman paraît le 27 août, si vous voulez l’ajouter à votre pile de rentrée :
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Ceux qui l’ont déjà lu retrouveront des obsessions familières. La clé USB, tiens, c’était déjà le titre d’un de ses romans, en 2019. Bruxelles, les couloirs du pouvoir européen, les technologies qui débordent de partout, Toussaint tourne autour de ça depuis un moment, sans jamais basculer dans le roman à thèse. Il préfère regarder un homme paumé traverser une machine trop grande pour lui.
C’est court, c’est tendu, ça se lit vite. Si vous cherchez un thriller bourrin avec courses-poursuites et fusillades, passez votre chemin. Mais si l’idée d’un roman d’espionnage écrit comme une comédie mélancolique vous parle, celui-là devrait franchement vous plaire. Pour ceux qui découvrent Toussaint, c’est aussi une bonne porte d’entrée : on y trouve tout ce qui fait son style, en version resserrée.
Bref, une des sorties de rentrée qu’on attendait, et qui ne devrait pas décevoir.
Crédit photo : Éditions de Minuit
