L’aïkido, cet art martial où le but n’est pas de gagner mais de ne pas casser l’autre
Voilà une drôle de discipline. En aïkido, on ne cherche pas à mettre l’adversaire au tapis pour marquer un point. On ne compte pas les coups. Il n’y a même pas de compétition, pas de tournois, pas de podium. Le principe tient en une idée un peu contre-intuitive : au lieu d’affronter la force de l’autre, on l’accompagne, on la redirige, et on le neutralise sans lui faire mal. C’est bête à dire, mais c’est exactement ça qui rend le truc passionnant.
L’homme derrière tout ça s’appelle Morihei Ueshiba. Un Japonais né en 1883, mort en 1969, qui a passé sa jeunesse à absorber les vieilles écoles de ju-jitsu et de sabre avant de fonder son propre système au milieu des années 1920. Le mot aïkido, littéralement, ça veut dire quelque chose comme la voie de l’harmonisation des énergies. Sur le papier ça sonne mystique, mais dans un dojo c’est très concret : quelqu’un vous attrape le poignet ou vous lance un coup, et vous apprenez à ne pas résister bêtement.
Ce qui surprend les débutants, c’est justement l’absence de bagarre. Vous ne passerez pas vos premiers mois à cogner dans un sac. Vous allez surtout apprendre à tomber, à rouler, à vous relever, à sentir le déséquilibre de l’autre. Beaucoup de chutes, donc, et un travail sur les prises, les projections, les clés de poignet. C’est physique quand même. On transpire, on se muscle le gainage et les jambes sans forcément s’en rendre compte, et l’équilibre progresse vite.
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L’autre bon côté, c’est mental. Ueshiba parlait de paix intérieure et de maîtrise de soi, et même en enlevant le vernis philosophique, il reste ce truc : rester calme quand quelqu’un vous fonce dessus, ça se travaille, et ça déborde un peu dans la vie de tous les jours.
Pour qui c’est ? Franchement pour à peu près tout le monde. Pas besoin d’être costaud ni souple, l’aïkido se pratique à tout âge et se fiche pas mal du gabarit, puisque l’idée n’est pas d’être plus fort mais mieux placé. Si vous cherchez un sport de combat pour taper, passez votre chemin. Si vous voulez bouger, apprendre à tomber sans vous blesser et sortir d’un cours étrangement apaisé, ça vaut vraiment le coup d’essayer un mois.
Crédit photo : Illustration générée par IA
