David Robert Mitchell arrache une rue de banlieue à la Terre et la balance chez les dinosaures, avec Anne Hathaway et Ewan McGregor coincés dedans
Le réalisateur de It Follows revient, et il voit grand. La Fin d’Oak Street sort dans les salles françaises le 12 août, et le pitch tient sur un coin de table : une rue pavillonnaire tranquille, du genre où on tond sa pelouse le dimanche matin, se retrouve d’un coup arrachée à sa banlieue par un événement cosmique jamais vraiment expliqué. Direction un ailleurs franchement hostile. Avec des dinosaures.
Oui, des dinosaures. On y revient.
Au centre du chaos, la famille Platt. Anne Hathaway joue Denise, Ewan McGregor campe Greg, et les deux ados de la maison sont incarnés par Maisy Stella, révélée l’an dernier dans My Old Ass, et Christian Convery. Le film dure 1h40, ce qui, pour une histoire de survie collective face à des créatures préhistoriques, reste plutôt raisonnable. Pas de rallonge inutile.
Le nom derrière la caméra, lui, intrigue davantage. David Robert Mitchell, ce n’est pas n’importe qui. It Follows en 2014, petit film d’horreur devenu culte, puis Under the Silver Lake en 2018, thriller paranoïaque et bizarre que certains adorent et que d’autres détestent cordialement. Bref, un cinéaste d’auteur qu’on n’attendait pas forcément sur un blockbuster d’action-aventure produit par J.J. Abrams. Le grand écart est réel.
En attendant de le voir malmener une famille entière chez les dinosaures, (re)découvrez It Follows, le film d’horreur culte qui a révélé David Robert Mitchell.
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Et c’est là que ça devient intéressant. Sur le papier, La Fin d’Oak Street coche toutes les cases du film-catastrophe familial : la banlieue proprette, les parents dépassés, les gamins qui grandissent d’un coup, la menace venue d’ailleurs. Sauf que voilà, Mitchell n’a jamais rien filmé de façon convenue. On peut donc raisonnablement espérer qu’il glisse un peu de son étrangeté habituelle sous le vernis grand public. C’est tout le pari du film.
Le projet s’assume comme un divertissement de plein été, et il n’y a aucune honte à ça. Une rue entière transplantée dans un monde préhistorique, une famille qui doit apprendre à rester soudée pour ne pas finir en casse-croûte, quelques poursuites bien senties : le programme est clair.
Franchement, c’est pour lui qu’on ira, pas vraiment pour les dinosaures. Si Mitchell tient sa promesse, on tiendra un des blockbusters d’été les plus curieux de l’année. Et sinon, on aura quand même vu Anne Hathaway cavaler devant un tyrannosaure, ce qui n’arrive pas tous les jours.
Crédit photo : Warner Bros.
