Le musée Maillol déroule 120 robes de Gianni Versace sur un podium doré, et Paris n’avait plus vu ça depuis 1986
Il y a des expositions qu’on visite, et d’autres qu’on traverse comme un défilé. Celle du musée Maillol, à Paris, est clairement de la seconde catégorie. Depuis début juin, le lieu consacre à Gianni Versace la plus grande rétrospective française depuis 1986, et le succès a été tel qu’elle vient d’être prolongée jusqu’au 31 octobre. Vous avez donc tout l’été, et un bon bout de l’automne, pour y aller.
Ce qui frappe d’abord, c’est le volume. Plus de 400 tenues originales, des centaines d’accessoires, de croquis, de photos et d’objets d’archives. Au centre, un long podium qui court sur presque toute l’expo, avec plus de 120 silhouettes alignées comme un défilé figé. On avance entre les robes, on tourne autour, et on comprend vite pourquoi le bonhomme a marqué la mode des années 80 et 90.
Versace, ce n’était pas la sobriété. C’était le clinquant assumé, l’or, les imprimés baroques, la tête de Méduse un peu partout, la mythologie gréco-romaine mélangée à la pop culture la plus tapageuse. Là où d’autres créateurs cherchaient l’épure, lui poussait le curseur à fond. L’expo s’organise d’ailleurs autour de ces grands thèmes qui ont nourri son travail, et ça donne une lecture assez claire de sa folie douce.
Le bonus, ce sont les photos. Les murs sont couverts de clichés signés Helmut Newton, Richard Avedon ou Bruce Weber, soit à peu près le gratin de la photo de mode. Rien que pour ça, la visite vaut le détour, même si la mode vous laisse d’habitude de marbre.
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Petit rappel pour ceux qui l’auraient oublié : Gianni Versace a été assassiné en 1997 sur les marches de sa villa de Miami, en pleine gloire. L’expo ne s’attarde pas sur le fait divers, tant mieux, elle préfère raconter l’oeuvre. Et l’oeuvre, elle, tient largement la route.
Un conseil quand même : réservez votre créneau à l’avance, parce que l’affluence est réelle et que le Maillol reste un musée à taille humaine. La visite est déconseillée aux moins de 12 ans, moins pour le contenu que pour la fragilité des pièces exposées. Bref, on regarde avec les yeux, pas avec les mains.
Si vous aimez quand la mode devient un vrai spectacle, foncez. C’est exactement ça, ici.
Crédit photo : Musée Maillol
