Netflix termine « Cent ans de solitude », le roman que García Márquez a refusé de vendre toute sa vie
On y arrive enfin. À partir du 5 août, Netflix met en ligne la seconde et dernière partie de son adaptation de Cent ans de solitude, le monument que Gabriel García Márquez a publié en 1967 et qui lui a valu le Nobel quinze ans plus tard.
Un mot pour ceux qui ont raté la première salve, sortie fin 2024. On y suit la famille Buendía sur plusieurs générations, dans un village colombien inventé de toutes pièces, Macondo, entre guerres civiles, amours impossibles et une avalanche de prénoms qui se répètent au point qu’on finit par consulter l’arbre généalogique toutes les dix minutes. C’est le réalisme magique dans sa forme la plus pure. Des fantômes qui traînent dans la maison, une jeune femme qui s’envole vers le ciel accrochée à ses draps, et personne autour de la table ne trouve ça bizarre.
Le plus fou dans cette histoire, c’est que ce roman n’aurait jamais dû exister à l’écran. García Márquez a passé sa vie à refuser toutes les offres, persuadé qu’aucune image ne tiendrait la comparaison avec ce que le lecteur fabrique dans sa tête. Il a fallu attendre sa mort, et surtout que ses deux fils donnent leur feu vert, pour que le projet démarre. Condition non négociable : tournage entièrement en Colombie, en espagnol, avec des acteurs colombiens. Pas de version anglaise proprette, pas de Macondo reconstitué dans un studio de Los Angeles.
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La première partie avait cloué pas mal de monde. Laura Mora et Carlos Moreno, aux commandes, filment Macondo comme un endroit où le merveilleux et le quotidien cohabitent sans qu’on cligne des yeux. Cette seconde partie boucle la boucle : la paix qui suit les guerres, l’arrivée du chemin de fer et de la compagnie bananière, puis la lente dégringolade du village vers sa fin. Autant vous prévenir, ça ne se termine pas dans la joie.
Faut-il avoir lu le livre avant ? Non. Mais si vous ne l’avez jamais ouvert, c’est peut-être le bon prétexte pour vous y coller cet été. Le pavé fait peur de loin, sauf qu’une fois dedans on ne décroche plus. Voir la série d’abord puis plonger dans le texte, ou l’inverse, les deux marchent très bien. Dans tous les cas, vous en avez pour un moment à Macondo. Tant mieux.
Crédit photo : Netflix
