Histoires de la nuit, le thriller où Léa Mysius transforme un anniversaire de famille en cauchemar

Il y a des films qui vous laissent la nuque raide et les mains moites, et celui-là en fait clairement partie. Histoires de la nuit est en salles depuis le 16 septembre, et si vous aimez les thrillers qui prennent leur temps avant de vous étrangler, notez le titre quelque part.

Léa Mysius, qu’on connaît pour Ava et Les Cinq Diables, s’attaque cette fois au roman de Laurent Mauvignier paru en 2020, un pavé de plus de six cents pages devenu un vrai phénomène en librairie. Le pari n’était pas gagné d’avance, adapter un bouquin réputé inadaptable, mais elle s’en sort avec une maîtrise qui a valu au film une place en compétition officielle à Cannes cette année.

L’histoire tient sur pas grand-chose, et c’est justement ça qui serre la gorge. Nora et Thomas vivent avec leur fille Ida dans une ferme perdue au fin fond du Limousin, loin de tout, avec pour seule voisine Cristina, une peintre italienne solitaire. Ce soir-là, on prépare en douce une fête surprise pour les quarante ans de Nora. Sauf que trois hommes rôdent autour de la maison, s’invitent à la fête, et ramènent avec eux un passé que le couple pensait avoir enterré pour de bon.

Histoires de la nuit, le roman de Laurent Mauvignier

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À partir de là, Mysius fait durer la tension jusqu’à ce qu’elle devienne insoutenable. Pas de jump scares faciles, pas de musique qui vous prévient du danger, juste une nuit qui n’en finit pas et une menace qui monte cran par cran. On étouffe avec les personnages, on guette le moindre bruit dans le noir, et c’est exactement l’effet recherché.

Le casting fait beaucoup pour ça. Hafsia Herzi campe Nora avec cette intensité qu’on lui connaît, Bastien Bouillon joue son mari, et Benoît Magimel se glisse dans la peau de l’un des trois intrus, Franck, avec un calme franchement inquiétant. Monica Bellucci, en artiste recluse, ajoute une couche de mystère qui plane sur toute la soirée.

Ce n’est pas un film qu’on regarde d’un œil distrait en pliant du linge. Il demande de l’attention, il joue sur les silences et les non-dits, et il vous récompense d’une vraie montée d’angoisse à l’ancienne. Si vous avez aimé les huis clos qui vous prennent à la gorge, celui-ci mérite le déplacement en salle, là où le noir complet fait vraiment son effet.

Crédit photo : AlloCiné