L’Invitation, le huis clos d’Olivia Wilde où un dîner entre voisins fait exploser deux couples

Olivia Wilde repasse derrière la caméra, et cette fois elle a choisi le format le plus casse-gueule qui soit : un dîner qui tourne mal. L’Invitation arrive dans les salles françaises le 16 septembre, distribué par Maverick, et le pitch tient sur un Post-it. Joe, prof de musique à San Francisco, et sa femme Angela invitent leurs nouveaux voisins du dessus à passer à table. La soirée dérape. Voilà, c’est tout, et c’est bien suffisant.

Le casting fait déjà le boulot avant même le premier plan. Seth Rogen en mari un peu paumé, Olivia Wilde en épouse à cran, Penélope Cruz et Edward Norton dans le rôle du couple d’en face, celui qu’on croit parfait et qui va gentiment mettre le feu aux poudres. Quatre acteurs qu’on n’imaginait pas forcément réunis dans la même pièce, et c’est justement ce frottement qui rend la chose intrigante.

Ce n’est pas une histoire neuve, d’ailleurs. Le film reprend Sentimental, une comédie espagnole de Cesc Gay sortie en 2020, elle-même tirée d’une pièce de théâtre. On est donc en terrain balisé : le huis clos bourgeois, les non-dits, le vin qui délie les langues et les vérités qui giclent au moment du dessert. Le genre a ses classiques (le Carnage de Polanski n’est pas loin), mais il fonctionne toujours quand les dialogues sont affûtés. Et là, le scénario est signé Will McCormack et Rashida Jones, les deux plumes déjà oscarisées pour un court métrage d’animation. Autant dire qu’ils savent faire mordre une réplique.

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Envie d’un dîner qui vire au règlement de comptes en attendant le 16 septembre ? Le Carnage de Polanski reste la référence du genre.

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Alors est-ce que ça vaut le déplacement ? Sur le papier, oui. C’est une comédie douce-amère de 107 minutes, passée par Sundance en début d’année, qui mise sur le malaise plutôt que sur le gag franc. Si vous aimez les films où il ne se passe presque rien mais où tout se joue dans un regard ou une phrase de trop, vous devriez vous régaler. Si vous cherchez du spectaculaire, passez votre chemin : il n’y a ici qu’une table, quatre chaises et beaucoup de tension.

Pour ma part, c’est le genre de sortie que je note d’avance. Un bon huis clos bien écrit, c’est rare, et voir Norton et Cruz s’amuser à saborder un couple à petit feu, ça se refuse difficilement. À caler un soir de semaine, sans trop en attendre côté action, juste pour le plaisir de voir quatre pros se renvoyer la balle.

Crédit photo : Allociné