Le fartlek, cette méthode suédoise qui transforme un footing en jeu de vitesse
Le mot fait sourire, et c’est normal. Fartlek. On dirait une blague de cour de récré, sauf que c’est l’une des méthodes d’entraînement les plus malignes jamais inventées pour la course à pied. En suédois, fart veut dire vitesse et lek veut dire jeu. Un jeu de vitesse, donc. Tout est là.
L’idée remonte aux années 1930, en Suède. À l’époque, les Finlandais écrasent tout le monde sur les courses de fond, et ça agace pas mal de l’autre côté de la frontière. Un ancien athlète devenu entraîneur, Gösta Holmér, cherche une parade pour remettre l’équipe suédoise dans le coup. Sa trouvaille tient en une phrase : arrêtez de courir toujours à la même allure, jouez avec.
Le principe est d’une simplicité désarmante. Vous alternez des portions rapides et des portions lentes, sans montre, sans plan gravé dans le marbre. Un poteau au loin ? Vous accélérez jusqu’à lui. Une côte ? Vous la montez fort, puis vous récupérez en trottinant sur le plat. C’est le terrain, vos jambes et votre envie du moment qui décident. Pas un tableau Excel.
L’intérêt du truc, c’est qu’il travaille deux choses en même temps. Les phases rapides sollicitent le système anaérobie, celui qui carbure quand ça brûle dans les cuisses. Les phases lentes entretiennent l’endurance et l’aérobie. Vous progressez sur la vitesse et sur le fond, avec en prime un peu de renforcement musculaire quand vous jouez avec les côtes et les appuis.
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Et puis il y a le plaisir, qu’on oublie trop souvent quand on parle de sport. Le fractionné classique sur piste, avec ses répétitions chronométrées, ça finit par ressembler à une corvée. Le fartlek, lui, casse cette monotonie. Vous courez en forêt, dans un parc, et chaque sortie devient un peu différente. C’est franchement plus vivant.
Un conseil quand même avant de vous lancer : ne partez pas comme un dératé sur chaque accélération. L’automne est la saison idéale pour ça, mais si vous reprenez après une pause, gardez des phases rapides courtes et laissez le corps s’habituer. Le but n’est pas de finir sur les genoux au bout de dix minutes.
Pour qui c’est fait ? Un peu tout le monde, en vérité. Le débutant qui s’ennuie sur son footing, le coureur confirmé qui veut gagner en vitesse sans s’enfermer sur une piste. Vous n’avez besoin de rien, juste d’une paire de baskets et d’un terrain à explorer. À tester dès votre prochaine sortie.
Crédit photo : Illustration générée par IA
