The Opera!, l’ovni lyrique où Vincent Cassel passe les morts et Fanny Ardant règne sur un enfer 5 étoiles
Il fallait une bonne dose de culot pour rouvrir le mythe d’Orphée et Eurydice en 2026 et le transformer en opéra filmé. C’est pourtant ce que sort en salles ce 2 septembre The Opera!, signé Davide Livermore, homme de plateau habitué des grandes maisons d’opéra européennes, épaulé par Paolo Gep Cucco, spécialiste des performances numériques. Le film s’appelle en vrai The Opera! Arie per un’eclissi, il vient d’Italie, et il a été montré pour la première fois à la Festa del Cinema de Rome à l’automne 2024.
L’histoire, vous la connaissez déjà à moitié. Orphée et Eurydice s’apprêtent à se marier, un coup de feu emporte la jeune femme, et lui refuse tout net l’idée de la perdre. Sauf que voilà, ici le royaume des morts s’appelle le Grand Hades Hotel, un palace où l’on descend chercher l’aimée entre deux couloirs feutrés. Orphée est incarné par Valentino Buzza, Eurydice par Mariam Battistelli, deux voix venues de la scène lyrique.
Autour d’eux, c’est là que ça devient franchement amusant. Vincent Cassel joue Charon, le passeur qui accompagne les morts, l’œil sombre et le costume impeccable. Fanny Ardant campe Proserpine, Erwin Schrott fait un Pluton de gala, Rossy de Palma se glisse dans la peau d’une Parque et Caterina Murino tient la conciergerie de l’hôtel des enfers. Un casting qui mélange stars de cinéma et pointures du chant, avec des costumes signés Dolce & Gabbana par-dessus le marché.
Envie d’entendre le mythe dans sa version chantée d’origine ? L’opéra de Gluck reste la porte d’entrée idéale :
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La forme, elle, ne fait pas dans la demi-mesure. Décors réels, environnements virtuels, chorégraphie, mise en scène d’opéra, tout circule en même temps pour faire passer Orphée d’un monde contemporain à une mythologie repeinte. C’est ambitieux, c’est lyrique, c’est parfois un peu too much, et je vous préviens tout de suite : la critique française a été très dure, autour d’un misérable 1,5 sur 5. Sur IMDb, le public se montre nettement plus indulgent, un peu au-dessus de 6.
Alors est-ce qu’on vous le conseille ? Honnêtement, ça dépend de vous. Si l’opéra vous barbe et que vous cherchez un récit carré, passez votre chemin, vous allez souffrir. Mais si l’idée d’un Orphée qui chante dans un palace des morts vous intrigue, si vous aimez les objets bizarres et un peu grandiloquents, cet ovni mérite au moins votre curiosité. Rien que pour voir Cassel en passeur d’âmes, moi, j’irais.
Crédit photo : Hediji Films
