Ridley Scott sort un survival post-apo avec un pilote, son chien et un ex-marine, et à 88 ans il n’a rien perdu de sa hargne

Ridley Scott a 88 ans et il vient encore de tourner un film. Celui-là s’appelle The Dog Stars, il arrive dans les salles françaises le 26 août, et c’est peut-être le plus intime qu’il ait fait depuis longtemps.

L’histoire se passe dans un monde crevé par une pandémie qui a rayé la quasi-totalité de l’humanité. Il reste Hig, un pilote civil joué par Jacob Elordi, qui s’est bricolé une vie sur une base aérienne abandonnée du Colorado. Avec lui, un chien, un petit avion de tourisme, et Bangley, un ex-marine survivaliste incarné par Josh Brolin, du genre à tirer d’abord et à discuter jamais.

Les deux ont monté une forteresse minuscule, efficace, où survivre est devenu une routine. Sauf que voilà, une transmission radio arrive un jour de nulle part, et Hig décide d’aller voir. C’est tout bête comme moteur, mais c’est exactement ce qui fait tenir le récit : rester en vie ou rester humain, ce n’est pas la même chose.

Le film est adapté d’un roman de Peter Heller paru en 2012, un vrai petit succès de librairie qu’on rangeait à l’époque entre La Route de McCarthy et les histoires de fin du monde à hauteur d’homme. Le scénario est signé Mark L. Smith, celui qui avait écrit The Revenant. Autant dire qu’on n’est pas là pour l’action clinquante, mais pour la boue, le froid et les silences.

La constellation du chien (Peter Heller, Actes Sud)

Le roman dont le film est tiré, si vous voulez creuser l’histoire de Hig avant d’aller en salle :

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Autour d’Elordi et Brolin, Scott a réuni Margaret Qualley, Allison Janney, Benedict Wong et Guy Pearce. Belle brochette. Petit détail qui en dit long sur la production : le rôle de Hig devait au départ revenir à Paul Mescal, remplacé par Elordi pour des questions d’agenda. Le budget tourne autour de 110 millions de dollars, ce qui reste raisonnable pour du Ridley Scott.

Ce qui m’intéresse ici, c’est justement l’échelle. Après les grosses machines historiques, le revoilà sur un huis clos à deux hommes et un chien, avec une menace diffuse et beaucoup de nature vide. Un survival tendu plutôt qu’un spectacle. Si le film tient la promesse de sa bande-annonce, on tient là un des trucs les plus prenants de sa fin de carrière.

Pour les amateurs de post-apo qui préfèrent la mélancolie à l’explosion, c’est clairement à voir. Prévoyez juste de ne pas trop vous attacher au chien.

Crédit photo : 20th Century Studios