Jason Statham se retrouve seul sur un cargo avec toute une équipe à massacrer, et Jean-François Richet filme ça comme un huis clos qui prend l’eau

Le 19 août, Jason Statham remonte sur un bateau. Pas pour bronzer.

Dans Mutiny, il joue Cole Reed, un type qui assiste au meurtre de son patron milliardaire et se retrouve accusé à sa place. Classique, direz-vous. Sauf que la suite l’est beaucoup moins. Pour échapper à ceux qui l’ont piégé et remonter la piste, il embarque clandestinement sur un cargo au milieu de l’océan. Un immense bloc d’acier, des dizaines d’hommes à bord, et aucun moyen d’appeler à l’aide. C’est là que le film devient intéressant.

Parce que l’idée, franchement, est maligne pour une série B d’action. Statham a passé quinze ans à défoncer des méchants dans des villes où il y a toujours une sortie, une voiture, un flingue qui traîne. Ici, il est coincé. Pas de renfort, pas de fuite, pas de réseau. Juste lui, une conspiration internationale qui le dépasse, et un espace clos où chaque coursive peut cacher quelqu’un qui veut sa peau. Le titre annonce la couleur : ça va se mutiner sévère.

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En attendant de voir Statham galérer en mer, le meilleur de Jean-François Richet reste son diptyque Mesrine avec Vincent Cassel : deux films coup de poing à revoir.

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Derrière la caméra, il y a Jean-François Richet. Le nom vous dit peut-être quelque chose : c’est le Français qui a signé le diptyque Mesrine avec Vincent Cassel, puis qui est parti à Hollywood tourner Blood Father avec Mel Gibson et, déjà, un certain Jason Statham. Les deux se retrouvent donc, et Richet est plutôt du genre à filmer la violence sèche, sans esbroufe, avec un vrai sens de la géographie des lieux. Sur un cargo, ça tombe bien. On sent qu’il va exploiter chaque échelle, chaque cale, chaque containeur.

Au casting, Annabelle Wallis, le Danois Roland Møller et Jason Wong complètent l’équipage. Lionsgate distribue, la durée annoncée est d’1h34, ce qui veut dire pas de gras, pas de sous-intrigue romantique de trente minutes. On entre, ça cogne, ça sort. Le genre de format qui va bien à Statham, dont les meilleurs films récents sont ceux qui ne s’excusent pas d’être ce qu’ils sont.

Alors non, personne n’attend Mutiny pour réinventer le cinéma. Mais un Statham enfermé sur un bateau avec un réalisateur qui sait cadrer une bagarre, en plein mois d’août, avec la clim de la salle à fond ? Pour une séance décomplexée entre deux plages, c’est exactement ce qu’il faut. On y sera.

Crédit photo : Lionsgate