Jack White sort un disque en douce et vous colle une claque de garage rock

Vous connaissez le bonhomme. Moitié des White Stripes, patron de Third Man Records, le type qui enregistre à l’ancienne et qui a fait de la guitare crasseuse une religion. Il vient de lâcher un nouvel album solo, Frozen Charlotte, sorti le 10 juillet. Et fidèle à ses habitudes, il l’a annoncé presque en catimini: une simple page de précommande apparue sur le site de son label début juin, puis un single, Dollar Bill, et voilà.

Treize morceaux, quarante-deux minutes, pas une de trop. C’est du garage rock bien nerveux, avec des relents de hard rock classique et des orgues qui rappellent le vieux Deep Purple, cette manière de faire dialoguer la guitare et le clavier jusqu’à ce que ça déborde. Enregistré à Nashville, dans son propre studio.

Et c’est là le détail qui compte. Pour la première fois de sa carrière solo, White garde le même groupe deux albums de suite: Dominic Davis à la basse, Patrick Keeler à la batterie, Bobby Emmett aux claviers. Ça s’entend. Le disque respire le live, cette énergie un peu bordélique des musiciens qui se connaissent par cœur et qui jouent ensemble depuis des mois. On sent des morceaux qui partent en jam sans jamais se perdre.

Frozen Charlotte (Jack White)

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Le titre, Frozen Charlotte, vient d’une vieille ballade folk et d’un jouet un peu macabre: ces petites poupées de porcelaine baptisées ainsi d’après une gamine morte de froid dans la chanson. White a même sculpté la pochette lui-même, une poupée mi-tête de mort mi-Charlotte, exposée dans sa galerie londonienne. Le bonhomme ne fait jamais rien à moitié.

Côté accueil, c’est un carton critique. La presse anglo-saxonne parle d’acclamation quasi unanime, le disque a filé numéro un des ventes indépendantes aux États-Unis et s’est classé un peu partout. Rien d’étonnant. Quand White est en forme, il n’y a pas grand monde pour lui tenir la dragée haute sur ce terrain.

Pour qui? Si vous aimez le rock qui gratte, les guitares saturées et les albums enregistrés vite et fort, foncez. Si vous cherchez quelque chose de doux pour la plage, passez votre chemin. Moi je le mets en boucle depuis quelques jours, et c’est exactement le genre de disque qui vous réconcilie avec l’idée qu’un type, une guitare et un bon groupe suffisent encore largement.

Crédit photo : Third Man Records