Ryan Murphy lâche un tueur en série dans un lycée doré de Los Angeles, et adapte le roman le plus intime de Bret Easton Ellis

Il y a des livres qu’on croyait inadaptables. The Shards en faisait partie. Publié en 2023, ce gros roman de Bret Easton Ellis raconte l’automne 1981 d’un lycéen de 17 ans qui s’appelle… Bret Easton Ellis. Même prénom, même école privée huppée de Los Angeles, même bande d’amis trop beaux et trop riches. Sauf qu’un tueur en série rôde dans la ville, qu’un nouvel élève au sourire trop lisse débarque en classe, et que le narrateur commence à voir des liens partout. Vraie mémoire ou pure paranoïa d’ado sous acides ? Le bouquin ne tranche jamais, et c’est là tout son vertige.

Confier ça à Ryan Murphy, c’était logique et un peu casse-gueule. L’homme derrière Dahmer et American Horror Story adore justement ce mélange de glamour clinquant et d’horreur froide. La série débarque sur Disney+ le 6 août, avec deux épisodes d’un coup, puis un par semaine pour une première saison de dix épisodes. On reste donc en terrain balisé : le format feuilleton anxiogène, la reconstitution années 80 léchée jusqu’au moindre vinyle, et cette tension qui monte sans qu’on sache trop d’où vient le malaise.

Côté casting, Murphy mélange les visages neufs et les têtes connues. Le jeune Igby Rigney, aperçu dans Midnight Mass, hérite du rôle de Bret. Homer Gere joue Robert Mallory, l’élève mystérieux par qui le trouble arrive. Autour d’eux, on croise Kaia Gerber, Wes Bentley et Evan Rachel Wood, dont on devine qu’ils apportent l’ambiguïté qu’il faut à cette galerie de privilégiés au bord du gouffre.

Les Éclats — Bret Easton Ellis

Le roman qui a tout déclenché, à lire (ou à garder pour après la série) :

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Ce qui m’intrigue vraiment, c’est de voir comment la série va gérer l’ambiguïté du livre. Chez Ellis, on ne sait jamais si le danger est réel ou fantasmé, et toute la beauté du roman tient dans ce doute qu’on n’a pas envie de lever. Une série, par nature, montre. Elle donne des visages, des lieux, du sang. Le risque, c’est qu’elle réponde à des questions qu’Ellis prenait soin de laisser ouvertes.

Si vous aimez les thrillers qui prennent leur temps, les années 80 filmées comme un mauvais rêve doré et les récits où la mémoire ment autant qu’elle raconte, mettez-vous un rappel pour le 6 août. Et si vous n’avez pas lu le roman, gardez-le pour après. On en reparle dans dix semaines.

Crédit photo : Disney+