Nia Archives sort Emotional Junglist et prouve qu’on peut pleurer sur du 170 BPM
Si vous croyez que la jungle et la drum’n’bass, c’est réservé aux caves enfumées et aux gens qui dansent les yeux fermés à 4h du matin, ce disque va vous faire changer d’avis. Nia Archives vient de sortir Emotional Junglist, son deuxième album, ce 17 juillet, et c’est peut-être la porte d’entrée la plus douce qui soit vers un genre qu’on imagine à tort intimidant.
La productrice britannique n’a pas encore trente ans et elle traîne déjà une réputation de petit génie. Son premier album, Silence Is Loud, l’avait installée en 2024 comme la nouvelle tête d’une scène jungle qu’on croyait figée dans les années 90. Là, elle revient avec quinze titres écrits après une rupture, et ça s’entend. D’où le titre, d’ailleurs, moitié private joke moitié programme : oui, on peut être un puriste des breakbeats et avoir le cœur en miettes.
Ce qui frappe, c’est l’équilibre. Les breaks accélérés et la basse qui vous rentre dans la poitrine sont toujours là, la jungle n’a pas été édulcorée. Sauf que par-dessus, Nia Archives pose sa voix, des mélodies pop, des tempos qui respirent un peu plus que sur ses premiers morceaux. Le genre de disque que vous pouvez lancer en soirée sans tuer l’ambiance, mais aussi écouter au casque un dimanche pluvieux sans que ça jure. C’est plus lumineux, plus produit, plus grand public au bon sens du terme.
Envie de remonter à la source ? Le premier album de Nia Archives, celui qui a tout lancé en 2024, existe en vinyle.
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Elle s’est offert de la belle compagnie, en plus. Jorja Smith pose sa voix soul sur un titre, Sampha apporte sa mélancolie feutrée sur un autre. Deux invités qui disent bien où se situe l’album : quelque part entre le club et le morceau qu’on garde pour soi.
Pour qui c’est ? Franchement, pour tout le monde. Les amateurs de drum’n’bass y trouveront la rigueur rythmique qu’ils cherchent. Et ceux qui n’ont jamais rien capté à ce truc de fous furieux à 170 battements par minute tiennent enfin un album qui leur tend la main, avec des chansons, des refrains, des émotions lisibles. C’est rare, une passerelle aussi bien construite entre une niche exigeante et le reste du monde.
Le mieux, c’est de le prendre comme il vient : montez le son, laissez les breaks faire leur boulot, et voyez si vous tenez le rythme. Spoiler, vous ne le tiendrez pas, et c’est très bien comme ça.
Crédit photo : Nia Archives
