Eels revient avec Cookie Happened, seizième album où Mark Oliver Everett transforme ses cicatrices en chansons lumineuses
Vous connaissez peut-être Eels sans le savoir, parce que Novocaine for the Soul a tourné partout à la fin des années 90 et que la bande a squatté la moitié des bandes-son de l’époque. Derrière le nom se cache un seul homme, Mark Oliver Everett, surnommé E, un type qui a traversé assez de deuils pour remplir trois vies et qui en fait de la pop depuis trente ans. Son seizième album, Cookie Happened, est sorti le 16 octobre, et c’est exactement le genre de disque qu’on a envie de mettre quand dehors il fait gris.
Le titre vient d’une phrase que Macaron le glouton aurait lâchée un jour, cette idée toute bête que les miettes arrivent, que la vie se passe, et qu’il vaut mieux l’accueillir que la combattre. Everett en fait le fil rouge de douze morceaux qui parlent de gratitude, d’échec assumé, de mortalité et de ce sentiment permanent de ne pas être tout à fait à sa place. Dit comme ça, ça paraît plombant. Sauf que voilà, chez lui c’est l’inverse : il chante les pires choses avec un sourire en coin et des mélodies qui vous restent dans la tête pendant des jours.
Envie de l’écouter en entier, loin du streaming compressé ? L’album est dispo en CD et en vinyle :
Eels – Cookie Happened (CD) → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Côté son, on reste en terrain connu, et c’est tant mieux. Pop des années 60, ballades électro-acoustiques, un peu de country, des cordes qui débarquent pile au bon moment et ces guitares légèrement bancales qui font toute la signature d’Eels. Clobbered ouvre le bal avec un optimisme qui détonne vu la noirceur des paroles, Congratulations To Me se félicite tout seul avec une fausse modestie assez drôle, et I’m On Standby mêle des cordes délicates à des guitares chaudes pour le vrai grand moment du disque. La presse anglo-saxonne a mis 4 sur 5, et pour une fois on comprend très bien pourquoi.
Ne vous attendez pas à une révolution, Everett ne cherche pas à réinventer son truc. Il fait ce qu’il fait le mieux depuis toujours : trouver quelque chose d’universel dans ce qui lui est arrivé de plus intime. Si vous aimez les disques qui consolent sans jamais vous mentir, celui-là est pour vous. Et puis franchement, un squelette qui dunke au basket en couverture, il fallait oser.
Crédit photo : Eels
