Tony Iommi rebranche sa guitare après vingt et un ans de silence solo, et From the Dark prouve que le riff a toujours un maître

On croyait l’homme rangé des studios. À 78 ans, après le concert d’adieu de Black Sabbath en juillet 2025 à Birmingham et la mort d’Ozzy Osbourne quelques jours plus tard, on pouvait imaginer Tony Iommi en retraité tranquille, à cultiver sa légende sans plus rien enregistrer. C’est tout le contraire. Le 23 octobre, il sort From the Dark, son premier album solo depuis vingt et un ans.

Un peu de contexte pour situer. Iommi, c’est l’homme qui a inventé le riff lourd au tournant des années 70, celui qui a bâti le heavy metal avec un gros son et deux doigts accidentés par une presse d’usine. Côté carrière solo, il n’avait sorti que deux disques, Iommi en 2000 puis Fused en 2005 avec son vieux complice Glenn Hughes. Autant dire que ce retour n’a rien d’une routine.

Pour ce nouvel album, il s’est entouré d’une bande solide. Au chant, le Norvégien Jørn Lande, une voix énorme taillée pour ce répertoire. À la basse, Becky Baldwin, qu’on croise aussi chez Mercyful Fate. À la batterie, Karl Brazil, un musicien plutôt habitué à la pop grand public, ce qui donne au disque une frappe nette et carrée. Le tout a été coproduit avec Mike Exeter, un fidèle de la maison.

Tony Iommi - From the Dark (CD)

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Dans la boîte, huit titres neufs, plus deux morceaux déjà parus glissés en bonus pour les fans, Scent of Dark et Deified. Le premier single, World Alone, donne le ton. Des riffs qui pèsent une tonne, une ambiance sombre, pas la moindre tentative de faire moderne ou de courir après les modes. Iommi fait ce qu’il sait faire mieux que tout le monde, et il le fait sans s’excuser.

Ce qui frappe, c’est l’absence totale de calcul. Pas de grand discours sur l’héritage, pas de testament appuyé. Lui-même résume le projet d’une phrase, un bon album qui envoie, point. On sent un type qui s’est amusé en studio plutôt qu’un vétéran qui règle ses comptes avec la postérité.

Pour qui est-ce ? D’abord pour les amateurs de Sabbath et de métal à l’ancienne. Mais aussi pour tous ceux qui aiment entendre un musicien de bientôt 80 ans brancher son ampli comme si rien n’avait changé. À écouter fort, de préférence.

Crédit photo : Tony Iommi / BMG