Wicker, le film où Olivia Colman se commande un mari en osier et se retrouve avec un panier plus charmant que tous les hommes du village
Il y a des pitchs qu’on croit sortis d’un pari de fin de soirée, et puis on apprend qu’ils ont déclenché une standing ovation à Sundance. Wicker est de ceux-là. Olivia Colman y joue une pêcheuse solitaire, un peu malodorante, moquée par tout un village de bord de mer coincé quelque part dans un temps vaguement féodal. Lassée des remarques et de la solitude, elle fait appel à un vannier pour se faire fabriquer un mari. En osier. Littéralement.
Le vannier, c’est Peter Dinklage, et sa créature tressée prend vie sous les traits d’Alexander Skarsgård. Un époux en paille, grand, doux, attentif, qui comble sa propriétaire bien au-delà de ce qu’elle espérait. Le genre de compagnon idéal qui ne râle jamais et ne laisse pas traîner ses chaussettes, pour la bonne raison qu’il n’en a pas. Sauf que voilà, le bonheur insolent de cette femme qu’on méprisait commence à agacer les voisins, et la jalousie villageoise se met en marche.
Derrière la farce, il y a une vraie histoire. Le film est adapté d’une nouvelle d’Ursula Wills, « The Wicker Husband », et porté par le duo Alex Huston Fischer et Eleanor Wilson à l’écriture comme à la réalisation. On vous rassure tout de suite : ce n’est pas qu’une blague potache sur un homme-panier. La presse américaine parle d’un objet à la fois très drôle et franchement émouvant, cette façon qu’ont certains contes de glisser une mélancolie sous le rire. Elizabeth Debicki complète un casting qui ferait saliver n’importe quel amateur de cinéma anglais.
En attendant de la voir réclamer un mari en osier, on peut revoir Olivia Colman en reine Anne détraquée dans La Favorite, l’un de ses plus grands rôles.
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Ce qui frappe, c’est le pari visuel. Transformer Skarsgård en mannequin de vannerie vivant, c’est le risque de basculer dans le ridicule à chaque plan. À en croire les premiers retours, le film tient la corde et assume son étrangeté jusqu’au bout, entre fable, comédie romantique bancale et petite satire des gens qui ne supportent pas de voir les autres heureux.
La sortie américaine est calée au 23 octobre, avec le Royaume-Uni une semaine derrière. Pour la France, surveillez les programmes de vos salles art et essai, c’est typiquement le genre de curiosité qui s’y faufile. Et si vous cherchez une sortie décalée pour un soir d’automne, en voilà une qui ne ressemblera à rien d’autre.
Crédit photo : Black Bear Pictures
