Malfaisante, le film d’horreur où Jessica Chastain joue à la fois la gentille maman et le cauchemar qui veut sa place
Le 14 octobre, Jessica Chastain arrive dans un film où elle se fait peur à elle-même. Au sens propre. Dans Malfaisante, elle tient deux rôles : Ursula, une mère de famille tout ce qu’il y a de normal, et « Other Mommy », une entité qui emprunte justement les traits de cette mère pour s’inviter à la maison. Deux fois la même actrice, une version aimante et une version qui vous glace le sang.
Derrière la caméra, Rob Savage. Le nom ne vous dit peut-être rien, mais c’est l’Anglais qui avait transformé un simple appel Zoom en film d’horreur avec Host, en plein confinement, avant d’enchaîner sur The Boogeyman. Le garçon sait faire monter la tension dans un salon mal éclairé, et c’est exactement ce qu’on lui demande ici.
Le scénario vient d’un roman de Josh Malerman, « Incidents Around the House ». Un nom à retenir : c’est le même auteur qui avait signé Bird Box, cette histoire de famille les yeux bandés que Netflix avait transformée en carton planétaire. Malerman a un truc avec les foyers qu’on croyait sûrs et qui se referment comme des pièges.
L’intrigue tient en une idée simple et franchement dérangeante. Une petite fille, Bela, jouée par la jeune Arabella Olivia Clark, se lie d’amitié avec une présence qu’elle appelle « Other Mommy ». Sauf que la chose ne veut pas juste jouer. Elle veut la place de la vraie maman, et elle est prête à démolir toute la famille pour l’obtenir.
Comme Malfaisante, c’est signé Josh Malerman : le roman qui a lancé l’auteur, une famille qui survit les yeux bandés, devenu le carton Netflix avec Sandra Bullock.
Bird Box, le roman de Josh Malerman → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Côté production, on est en terrain balisé. C’est James Wan qui chapeaute, via Blumhouse et sa société Atomic Monster. Autrement dit la machine qui a sorti Conjuring, Insidious et une bonne partie des frissons de ces quinze dernières années.
Ce qui m’intrigue le plus, c’est le parti pris de Savage sur la créature. Plutôt que de tout bricoler en images de synthèse après coup, il a voulu la matérialiser un maximum sur le plateau : prothèses, vrai jeu physique de Chastain, et une démarche inquiétante mise au point avec une cascadeuse montée sur échasses. Le numérique ne vient que compléter. Ça change tout pour l’impression de menace réelle.
Le film dure 1h33, le format idéal pour un cauchemar qui ne traîne pas en longueur. Si vous aimez l’horreur domestique, celle qui prend un lieu rassurant pour mieux le retourner, celui-ci coche à peu près toutes les cases. Et puis voir une actrice de ce calibre accepter de devenir son propre monstre, c’est un petit plaisir en soi.
Crédit photo : AlloCiné
