La butternut, cette grosse courge en forme de quille qu’on hésite à acheter faute de savoir par quel bout la prendre
On la croise à tous les étals en ce moment, cette grosse courge beige en forme de quille, et beaucoup passent devant sans oser la prendre. Trop dure, trop encombrante, avec cette impression qu’il va falloir batailler dix minutes à l’économe avant d’en voir le bout. Quel dommage. La butternut est sans doute la courge la plus simple à cuisiner de tout l’automne.
Son vrai nom, c’est le doubeurre, mais personne ne l’appelle comme ça. Sa chair orangée est sucrée, légèrement noisette, et elle fond à la cuisson jusqu’à prendre une texture de purée toute prête. Côté nutrition, elle est bourrée de bêta-carotène, ce pigment que le corps transforme en vitamine A, bon pour la peau, les yeux et les défenses immunitaires. Pour une fois, le légume de saison qui fait du bien a aussi le mérite d’être réconfortant.
Et la vraie bonne nouvelle, la voici : pas besoin de l’éplucher. La peau, une fois passée au four, devient tendre et se mange sans problème. Vous coupez la courge en deux dans la longueur, vous retirez les graines à la cuillère, un filet d’huile d’olive, du sel, et direction le four autour de 180 degrés pendant quarante à cinquante minutes. La chair se creuse toute seule quand c’est prêt.
Pour transformer la butternut rôtie en velouté bien lisse, un mixeur plongeant fait le travail directement dans la casserole.
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À partir de là, tout devient facile. Mixée avec un peu de bouillon et une pointe de crème, elle donne un velouté onctueux, parfait pour les soirs qui fraîchissent. Coupée en cubes et rôtie avec un peu de cumin ou de paprika, elle accompagne une viande ou se glisse dans une salade tiède. Elle fait aussi des merveilles dans un risotto ou une tarte salée. Et ne jetez pas les graines : rincées, séchées, puis passées au four avec un peu de sel, elles donnent un petit grignotage croustillant pour l’apéro.
Un seul conseil à l’achat : prenez-la bien lourde en main, avec une peau mate et sans taches molles. Une butternut qui pèse son poids, c’est une butternut qui tiendra plusieurs semaines dans un coin frais de la cuisine, sans même passer par le réfrigérateur. Du coup, inutile de courir, vous avez tout l’automne devant vous pour l’apprivoiser.
Franchement, pour un ou deux euros la pièce, c’est l’un des meilleurs rapports plaisir-effort du marché. Il suffit d’arrêter d’avoir peur de sa taille.
Crédit photo : Illustration générée par IA
