László Nemes filme la fin de Jean Moulin, avec Gilles Lellouche face à Klaus Barbie

On connaissait László Nemes pour Le Fils de Saul, ce plan-séquence en enfer qui lui avait valu le Grand Prix à Cannes en 2015 et l’Oscar du meilleur film étranger dans la foulée. Le voilà qui signe son premier film en français, et il n’a pas choisi un petit sujet : les derniers jours de Jean Moulin.

Le film s’appelle sobrement Moulin. Il sort en salles le 28 octobre, après un passage par la compétition du dernier festival de Cannes. Un peu plus de deux heures, en français et en allemand, sur un budget d’environ 13 millions d’euros. Rien d’un téléfilm du dimanche soir, donc.

L’histoire, vous la connaissez au moins dans ses grandes lignes. Juin 1943, Moulin tente de réunifier les réseaux de la Résistance sous l’autorité de de Gaulle. Il est arrêté, puis interrogé par Klaus Barbie, le chef de la Gestapo de Lyon. Et il ne parle pas. C’est ce face-à-face entre un homme qui se tait et une machine qui veut le faire craquer que Nemes place au centre de son film.

Le casting a de quoi surprendre. Gilles Lellouche en Jean Moulin, ce n’est pas l’évidence qu’on aurait cochée sur le papier. On l’a vu en flic, en boxeur, en type qui gueule ; le voir en héros silencieux, ça intrigue vraiment. En face, Lars Eidinger campe Barbie, et l’acteur allemand a exactement le genre de froideur inquiétante qu’il faut pour ce rôle. Louise Bourgoin et Félix Lefebvre complètent la distribution.

Jean Moulin : le politique, le rebelle, le résistant (J.-P. Azéma)

Pour prolonger le film avec les faits, la biographie de référence signée Jean-Pierre Azéma :

Jean Moulin : le politique, le rebelle, le résistant (J.-P. Azéma) → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Ce qui rassure, c’est la façon de filmer de Nemes. Le bonhomme ne fait pas du film historique illustré, avec voix off pédagogique et reconstitution léchée. Sur Le Fils de Saul, il collait à la nuque de son personnage jusqu’à l’étouffement. On peut supposer qu’il va appliquer la même intensité au cachot de Moulin, sans nous épargner grand-chose.

Alors oui, on sait comment ça finit. Moulin meurt pendant son transfert vers l’Allemagne, sans avoir livré un seul nom. Ce n’est donc pas le suspense qui portera le film, mais la manière. Et vu le pedigree du réalisateur, il y a de fortes chances qu’on ressorte de là essorés plutôt que rassurés.

À caler dans vos sorties d’octobre, en tous cas. Un film de résistance signé par un cinéaste qui n’a jamais eu peur de regarder l’horreur en face, ça ne se rate pas.

Crédit photo : AlloCiné / TF1 Studio