Ezra Collective sort un album de jazz qui donne envie de danser plutôt que de méditer
Il y a des disques qu’on écoute assis, les yeux fermés, à chercher le sens caché de chaque accord. Et puis il y a Ezra Collective. Le quintet londonien vient de sortir « Here Because of Hope », et dès les premières mesures on comprend qu’on va bouger les épaules plutôt que froncer les sourcils.
Vous connaissez peut-être le groupe sans le savoir. En 2023, ces cinq-là sont devenus le premier groupe de jazz à décrocher le Mercury Prize, ce trophée qui sacre chaque année le meilleur album britannique. Ils ont aussi raflé un BRIT Award du meilleur groupe, une catégorie où on croise d’habitude Coldplay et compagnie. Un combo de jazz qui vient chiper la place, franchement, c’est rare.
Ce nouvel album, le quatrième, est construit comme un voyage en trois mouvements. On part des rythmes d’Afrique, on passe par les Caraïbes, et on rentre à la maison, dans les rues de Londres. Femi Koleoso, le batteur et cerveau de la bande, résume l’idée par une question toute bête : pourquoi une musique noire née dans la douleur sonne-t-elle aussi joyeuse ? Sa réponse tient en un mot, l’espoir, celui qu’on se transmet de génération en génération.
Pour découvrir le groupe avant ce nouvel album, leur précédent disque, celui qui vous invite à danser sans que personne ne regarde, existe en vinyle :
Ezra Collective – Dance, No One’s Watching (vinyle) → voir sur Amazon
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Côté son, c’est un grand écart permanent entre afrobeat, reggae, dub et jazz nerveux, avec des cuivres qui claquent et une section rythmique qui ne lâche jamais. L’actrice Letitia Wright, la Shuri de Black Panther, vient poser quelques textes lus entre les morceaux. Et pour les invités, on retrouve Pa Salieu, la Jamaïcaine Lila Iké et même Leona Lewis, qu’on n’attendait pas vraiment là.
Si vous n’avez jamais mis le nez dans le jazz parce que vous imaginez un truc austère réservé aux initiés, commencez par eux. C’est chaleureux, ça pulse, ça se passe aussi bien en fond sonore un dimanche midi qu’à fond dans un casque le lundi matin. Leur précédent disque s’appelait d’ailleurs « Dance, No One’s Watching », dansez, personne ne vous regarde, et ça résume assez bien l’esprit de la maison.
Le disque est sorti le 18 septembre. À écouter fort, de préférence quand la semaine commence à peser. C’est exactement le genre de musique qui vous remet la tête à l’endroit.
Crédit photo : Ezra Collective / Partisan Records
