Weezer ressort les guitares avec un album doré et un producteur qui veut faire mal
Weezer revient le 21 août avec un vingtième album studio, le premier depuis quatre ans, et fidèle à sa manie des pochettes monochromes il s’appelle juste Weezer. Les fans l’ont déjà rebaptisé le Gold Album, dans la lignée du Bleu, du Vert et du Blanc. Dix titres, pas un de plus, et une promesse assez inattendue de la part du producteur Kenneth Blume : faire l’album le plus violent de Weezer. Venant d’un groupe qu’on associe plutôt aux mélodies sucrées et aux grosses lunettes de Rivers Cuomo, ça fait sourire.
Trois singles ont déjà donné le la. Shine Again au printemps, puis We Might As Well Be Strangers en juin avec Karly Hartzman du groupe Wednesday au chant, et C.E.O. tout juste sorti il y a quelques jours. Rien de radicalement neuf sous le soleil californien, mais c’est justement ce qu’on leur demande : des refrains qui s’accrochent, des guitares saturées, ce mélange de gros son et de vague à l’âme adolescent qui a fait leur marque il y a trente ans.
Parce que oui, Weezer avait passé les dernières années à partir un peu dans tous les sens. Un album de reprises, une tétralogie sur les saisons, un disque hair metal, des expériences pas toujours heureuses qui avaient laissé du monde sur le bord de la route. Là, le retour à un format court et à un titre éponyme ressemble à une remise à zéro. Klas Åhlund, l’autre producteur, connaît son affaire côté pop efficace, et le duo derrière les manettes laisse penser qu’on tient un vrai disque de chansons, pas un concept fumeux.
Pour patienter jusqu’au 21, le meilleur point d’entree reste ce classique mal-aime devenu culte.
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Est-ce que ça suffira à réconcilier les déçus ? Difficile à dire tant que l’album entier n’a pas tourné. Mais l’idée d’un Weezer resserré, sans gras, qui assume de nouveau la formule guitare-refrain-mélodie, a de quoi rassurer. Pour qui a usé le Bleu et Pinkerton en boucle, c’est le genre de sortie qu’on attend avec autant d’espoir que de méfiance, l’échaudé qu’on est.
Le disque paraît chez Reprise pour le vinyle et chez Warner en numérique. Si vous avez décroché quelque part entre 2010 et aujourd’hui, c’est peut-être le bon moment pour redonner une chance à Cuomo et sa bande. Et si vous n’avez jamais lâché, vous savez déjà que vous l’écouterez dès le 21 au matin.
Crédit photo : Reprise Records
