Yard Act lâche un troisième album qui swingue là où on les attendait grincheux

Le quatuor de Leeds vient de sortir « You’re Gonna Need a Little Music », et c’est une jolie surprise. On connaissait cette bande pour son post-punk sec, ce genre de morceaux où James Smith débitait ses textes d’une voix pincée du nord de l’Angleterre, plus proche du parlé que du chant. Là, ils changent de braquet.

Onze titres, quarante et une minutes, une vraie envie de bouger. Le disque est sorti le 17 juillet, produit par Justin Meldal-Johnsen, un nom qu’on croise du côté de Nine Inch Nails, Beck ou St. Vincent. Autant dire que ça ne sonne pas comme un groupe qui tourne en rond.

Petit rappel pour ceux qui débarquent. Yard Act, c’est d’abord « The Overload » en 2022, un premier album qui atterrit numéro deux au Royaume-Uni et se retrouve nommé au Mercury Prize. Puis « Where’s My Utopia ? » en 2024, virage assumé vers la pop et le disco, co-produit avec Remi Kabaka Jr de Gorillaz. On sentait déjà que la bande ne voulait pas rester coincée dans sa case post-punk.

Ce troisième disque enfonce le clou. Pour la première fois, les quatre ont écrit ensemble en studio plutôt que de bricoler chacun dans son coin, et ça s’entend tout de suite. Les morceaux respirent. Il y a du groove, des mélodies, une ampleur qu’on ne leur connaissait pas. Smith garde son mordant, sa façon d’observer les petites choses de la vie anglaise, ses portraits de types ordinaires, mais la musculature autour a changé. C’est plus généreux, presque solaire par moments. La critique parle de leur album le plus aventureux, et pour une fois la formule n’est pas volée.

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Ce qui frappe surtout, c’est l’énergie. On imagine sans mal ces morceaux sur scène, là où Yard Act se montre depuis le début redoutable, avec un Smith qui haranguera la salle entre deux couplets.

Alors non, tout n’est pas parfait. Quelques titres peinent à tenir le rythme, la presse anglaise l’a noté, et on peut regretter un peu de ce côté rêche qui faisait tout leur sel. Mais bon, c’est le prix d’un groupe qui refuse de se figer.

Si vous ne connaissez pas encore Yard Act, c’est franchement un bon point d’entrée. Et si vous les aviez rangés au rayon post-punk pour intellos ronchons, ce disque va vous faire changer d’avis. À écouter fort, un soir d’été, quand on a justement besoin d’un peu de musique.

Crédit photo : Yard Act