Charli XCX répond à Brat par un disque de trente minutes et un David Cronenberg au micro
Deux étés après le vert acide de Brat devenu meme planétaire, Charli XCX remet le couvert. Son septième disque, Music, Fashion, Film, débarque le 24 juillet chez Atlantic. Trois mots, trois obsessions, et un projet qui tient en trente minutes chrono.
Onze titres, un peu plus d’une demi-heure au compteur. Aucun ne dépasse vraiment les trois minutes, sauf le dernier. Pendant que la plupart des pop stars étirent leurs albums pour gonfler les chiffres de streaming, elle fait pile l’inverse. Du coup on tombe sur un objet ramassé, nerveux, qu’on avale d’une traite sans jamais décrocher.
Aux manettes, ses complices de toujours : A. G. Cook et Finn Keane, qui coécrivent l’ensemble avec elle. Le son a changé, par contre. Fini l’hyperpop clinquante des débuts. Ici ce sont des guitares triturées, des voix passées à la moulinette numérique et des boîtes à rythmes en retrait. Un truc plus sec, plus rock synthétique, presque abrasif par moments.
Trois morceaux ont déjà fuité en single pour préparer le terrain : Rock Music en tête de gondole, puis SS26 et Wink Wink. De quoi se faire une idée avant le grand saut. Et puis il y a la fin, qui vaut le détour à elle seule.
En attendant le 24 juillet, on peut toujours replonger dans le fameux vert acide : Brat existe en vinyle.
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Le titre de clôture s’appelle No One Lasts Forever et dure presque six minutes, une éternité à l’échelle de ce disque express. Surtout, il embarque un invité que personne n’attendait sur un album pop : David Cronenberg. Oui, le cinéaste canadien de l’horreur corporelle, celui de La Mouche et de Crash, qui vient poser sa voix caverneuse. Le mot Film du titre prend soudain tout son sens.
Le fil rouge des paroles, c’est justement ce rapport compliqué à l’art, à la célébrité, au personnage qu’on se fabrique pour tenir debout sous les projecteurs. Charli XCX aurait bouclé le tout en dix jours, l’automne dernier, entre les murs d’un studio parisien. Ça se sent : le disque a l’urgence de quelque chose qu’on n’a pas eu le temps de trop peaufiner.
Pour qui ? Celles et ceux que Brat avait accrochés, forcément, mais aussi les curieux qui aiment quand la pop se prend un peu la tête sans devenir pénible. Trente minutes, c’est le prix d’une pause déjeuner. Franchement, ça vaut le coup de tendre l’oreille.
Crédit photo : Atlantic Records
