La Chaleur, le camping des Landes n’a jamais été aussi étouffant
Il fait anormalement chaud sur la côte landaise, Marouane a dix-sept ans, et il a enseveli un corps sur la plage la veille au soir. C’est le point de départ de La Chaleur, en salles depuis le 8 juillet, et ça tient en une heure trente-trois.
Ne cherchez pas le thriller. Stéphane Demoustier ne filme pas une enquête, il filme une journée. La dernière au camping, celle où tout le monde plie la tente en riant pendant que le gamin, lui, guette la marée.
Le film adapte le premier roman de Victor Jestin, paru chez Flammarion en 2019 et couronné du prix Femina des lycéens. Un livre bref, sec, écrit à la première personne. Le pari du passage à l’écran était risqué, parce que sans la voix intérieure du narrateur, il ne reste théoriquement pas grand-chose. Il reste la moiteur, justement. Les corps qui courent vers l’eau, la sono du bar, les soirées mousse. Et au milieu, un garçon qui n’y arrive pas.
Demoustier a tourné à Contis-plage, sur la commune de Saint-Julien-en-Born, à la fin de l’été 2025. Ça se voit. Le sable brûle, les adultes sont hors-champ, et le camping devient une cour de récréation sans surveillant.
Après L’Inconnu de la Grande Arche et ses têtes d’affiche, le réalisateur change complètement de méthode : ici, les acteurs sont des inconnus. Hadrien Hussein porte le film sur ses épaules dans le rôle de Marouane, avec Martina La Manna en Giulia, cette fille dont il se demande s’il tombe amoureux ou s’il s’accroche juste à quelque chose. Tristan Richard complète le trio en Noé.
Le roman dont le film est tiré se lit en une soirée, et il frappe encore plus fort que le camping.
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C’est ce choix qui fait tout, du coup. Aucun visage connu pour rassurer le spectateur, aucune star pour absorber le malaise à sa place. On regarde des adolescents, pas des comédiens qui jouent des adolescents.
Le film est passé par le festival de Biarritz fin juin avant d’arriver dans les salles françaises. On lui reprochera probablement sa lenteur, ce qui revient à reprocher à un après-midi de canicule de ne pas être une course-poursuite.
Pour qui, alors ? Pour vous si vous aimez les films où il ne se passe presque rien, sauf absolument tout, et si l’idée d’un été adolescent qui tourne mal ne vous fait pas fuir. Passez votre chemin si vous cherchez une comédie balnéaire à emmener en vacances. Ce serait quand même dommage de gâcher le camping.
Une heure trente-trois, sans une seconde de gras. Vous ressortez de la salle avec du sable partout.
Crédit photo : Memento Distribution
