Syd Matters refait surface après quinze ans, et c’est le groupe de Life Is Strange qui vous avait manqué

Quinze ans sans nouvelles, et puis voilà. Syd Matters vient de sortir A Gospel of Some Sort, son cinquième album, le premier depuis une éternité. Il est arrivé le 4 septembre sur le label Créature, et autant vous le dire tout de suite, c’est un retour qui ne ressemble pas à une formalité.

Si le nom ne vous évoque rien, la musique, elle, vous a sans doute déjà accompagné sans que vous le sachiez. Jonathan Morali, le cerveau du projet, est celui qui a signé la bande-son de Life Is Strange, ce jeu vidéo culte où une lycéenne remonte le temps dans une petite ville de l’Oregon. Des millions de joueurs ont pleuré sur ses guitares acoustiques. Beaucoup n’ont jamais su qui se cachait derrière.

Au milieu des années 2000, Syd Matters jouait dans la même cour que José González ou Bon Iver, cette folk fragile et un peu nocturne qu’on écoutait en boucle. Puis Morali est parti composer pour le cinéma et le jeu vidéo, et le groupe s’est tu. On pensait l’histoire finie.

A Gospel of Some Sort, ce sont onze morceaux, et la patte est toujours là : guitare acoustique, voix douce, nappes de synthés qui montent doucement, cette mélancolie qui ne tombe jamais dans le pathos. On y trouve des titres comme Armageddon Time, un long morceau de plus de six minutes, Easy, ou encore Nuclear pour refermer le tout. Rien de tapageur, rien qui cherche à faire le malin. Juste des chansons bien faites, posées, qui prennent leur temps.

Brotherocean (vinyle)

Envie de (re)plonger dans l’univers de Syd Matters en attendant ? Leur album Brotherocean, qui contient les titres entendus dans Life Is Strange, existe toujours en vinyle.

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C’est exactement ce qu’on attend d’un disque de retour quand il est réussi. Pas une tentative de rajeunir à tout prix, pas de featuring opportuniste, juste un groupe qui reprend le fil là où il l’avait laissé. Et franchement, ça fait du bien.

Pour qui ? Pour les fans de Life Is Strange qui veulent enfin mettre un nom sur ces guitares. Pour les amateurs de folk indé un peu douce, le genre de musique parfaite pour un dimanche pluvieux d’automne. Et pour tous ceux qui pensaient qu’on ne reverrait plus jamais Syd Matters.

Bonne nouvelle au passage, le groupe repart en tournée et jouera à l’Olympia le 17 novembre. De quoi vérifier en vrai si la magie opère toujours sur scène.

Crédit photo : Third Side Records