Beck refait surface après sept ans avec Ride Lonesome, et il a rappelé toute la bande de Sea Change
Sept ans sans album, c’est long, même pour un type aussi imprévisible que Beck. Depuis Hyperspace en 2019, plus rien côté studio. Le voilà de retour avec Ride Lonesome, son quinzième album, sorti le 18 septembre chez Capitol. Et ceux qui ont usé Sea Change vont se sentir en terrain connu.
Parce que pour ce disque, Beck n’a pas cherché à tout réinventer à coups de machines. Il a fait l’inverse. Il a rappelé la bande. Smokey Hormel, Joey Waronker, Justin Meldal-Johnsen, Roger Joseph Manning Jr., Jason Falkner, des noms qui parlent à ceux qui connaissent Mutations, Sea Change ou Morning Phase. Toute cette famille musicale s’est retrouvée dans la Room B des United Studios à Hollywood, avec Beck à la production et Nigel Godrich au mixage.
Le résultat, ce sont douze titres, quarante-sept minutes, et surtout des vraies cordes, des cuivres, des bois. Un album orchestral, pensé comme tel dès le départ. L’idée lui serait venue en 2025, après un concert au Royal Albert Hall de Londres où il a joué avec un orchestre. On sent qu’il y a pris goût.
Trois singles avaient déjà balisé le terrain. Ride Lonesome au printemps, In the Night en juillet, puis Disappearing Act en août. De quoi comprendre l’ambiance avant même d’appuyer sur lecture. On est loin du Beck rigolo de Loser ou de Midnite Vultures. Là, c’est le Beck introspectif, celui qui prend son temps, qui laisse respirer les mélodies. Douze titres seulement, mais aucun qui traîne pour meubler.
Si Ride Lonesome vous donne envie de remonter le fil, Sea Change reste la meilleure porte d’entree vers le Beck melancolique.
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À noter aussi une jolie idée en cours de route. La chanson-titre a eu droit à une relecture par Sierra Ferrell, une chanteuse country qui monte, histoire de tirer le morceau vers ses racines folk. Ça en dit long sur l’esprit du disque, plus proche des grands espaces que des clubs.
Et la presse a suivi. L’album affiche 87 sur Metacritic, autrement dit une quasi-unanimité, avec des cinq étoiles du côté du Guardian et de Mojo. Rien que ça.
Pour qui c’est ? Pour ceux qui aiment quand la pop se fait ample et un peu triste, quand un artiste installé assume de ralentir plutôt que de courir après la mode. Si Sea Change vous a marqué en 2002, Ride Lonesome ressemble à une lettre écrite vingt ans plus tard, avec la même encre.
Honnêtement, entendre Beck reprendre ce chemin-là après sept ans de silence, c’est plutôt une belle nouvelle. Il ne réinvente rien, il revient juste à ce qu’il fait de mieux. Et parfois, c’est bien suffisant.
Crédit photo : Capitol Records
