Blondshell signe avec Violins son disque le plus ambitieux, et c’est peut-être le meilleur
Sabrina Teitelbaum a sorti le 25 septembre son troisième album sous le nom de Blondshell, et si vous aviez laissé filer les deux premiers, c’est le bon moment pour rattraper le train. Violins, onze titres chez Partisan Records, confirme qu’elle est devenue l’une des voix les plus intéressantes du rock indé américain, celles qui écrivent des refrains à retenir sans jamais planquer ce qu’il y a de sombre en dessous.
L’histoire de Blondshell est déjà un petit roman en soi. Teitelbaum a d’abord tenté la pop synthétique sous un autre nom, sans que ça décolle vraiment, avant de tout envoyer valser pour brancher une guitare et écrire des chansons crues, à la première personne. Le premier album en 2023 avait posé le décor, If You Asked for a Picture l’an dernier avait affiné le trait. Violins passe à la vitesse supérieure.
Ce qui frappe d’entrée, c’est l’ampleur. On sent qu’elle a voulu voir grand, avec des guitares qui enflent, des lignes mélodiques qui prennent toute la place, un côté presque théâtral qu’on n’attendait pas forcément. Les critiques anglaises, du NME à DIY, ont plutôt bien accueilli le disque, en soulignant cette tension permanente entre la beauté des mélodies et la dureté des textes. Elle chante les amitiés qui se cassent, la religion, le rapport au corps, et surtout ce boulot ingrat et interminable qu’est le fait de se réparer.
Avant Violins, son deuxieme album reste une superbe porte d’entree dans son univers.
Blondshell – If You Asked for a Picture (vinyle) → voir sur Amazon
Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.
Côté références, elle assume un joli patchwork : le mordant de Gang of Four, les guitares scintillantes de Teenage Fanclub, la mélancolie des Go-Betweens, et même un peu de la douceur de Sade quand il faut respirer. Autant dire que si vous avez grandi avec le rock alternatif des années 90, vous êtes en terrain connu, sans que ça sente le réchauffé pour autant.
Le vrai tour de passe-passe de Teitelbaum, c’est de rester tendre dans un monde qui ne l’est pas. Elle ne verse jamais dans la posture cool ou le cynisme facile. Ses chansons regardent les choses en face, elles font mal quand il faut, mais elles laissent toujours passer un peu de lumière.
À écouter au casque un dimanche gris, ou fort dans la voiture pour se secouer. Dans les deux cas, ça fonctionne. Blondshell fait partie de ces artistes qu’on a envie de suivre album après album, et Violins est sans doute le meilleur endroit pour embarquer.
Crédit photo : Partisan Records
