Sorti ce 6 novembre, Doveland est le sixième album de Django Django, et c'est sans doute le plus surprenant de leur discographie. Surprenant parce qu'il ne cherche justement plus à surprendre. Le groupe qui passait son temps à empiler les genres, le psychédélisme, l'électro, la pop des années 60 et les percussions bricolées, a rangé une partie de son attirail pour aller s'enfermer à la campagne, quelque part en Allemagne.
Là-bas, ils ont retrouvé Nick McCarthy, l'ancien guitariste de Franz Ferdinand, et la compositrice Polly Ester, tous les deux à la production. Première collaboration avec le label Clouds Hill, premier disque enregistré dans ce dépouillement un peu monacal. On sent que l'idée était de revenir aux fondations, de poser les instruments plutôt que de les superposer.
Le titre vient d'une histoire bizarre dénichée en ligne, une légende urbaine autour d'une petite ville du Midwest américain qui aurait purement et simplement disparu. De cette image de lieu englouti, le groupe a tiré un disque nettement plus introspectif que d'habitude, traversé par le deuil et la perte. On est loin de l'euphorie dansante de leurs débuts, et c'est très bien comme ça.
Pour s'immerger dans un disque qui se deplie lentement, un bon casque fait vraiment toute la difference.
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Douze titres composent l'album, dont le premier single Cameos, qui donne tout de suite le ton. Guitare folk, cordes amples, une forme de douceur mélancolique qu'on ne leur connaissait pas vraiment. Ailleurs, Little Me invite le rappeur Hak Baker, et Feel Alright fait appel à Max Pope. Il y a aussi Year of the Snake, So Heavy ou Dirty Hotel Blues, des morceaux qui jouent la carte de l'atmosphère plutôt que celle du refrain qui reste en tête de force.
Pour qui c'est ? Pour celles et ceux qui ont découvert le groupe avec Default en 2012 et qui les suivent depuis par fidélité autant que par curiosité. Mais aussi pour les gens qui n'ont jamais accroché à leur côté foisonnant, parfois épuisant. Ce Doveland leur tend une porte d'entrée bien plus accueillante.
Mon conseil : écoutez-le un soir d'automne, lumière basse, sans rien faire d'autre. C'est un disque qui se déplie lentement et qui ne livre pas tout à la première écoute. Il faut lui laisser du temps, et par les temps qui courent, c'est presque un luxe.
Crédit photo : Django Django / Clouds Hill




