Kraken plante une tour hantée au milieu d’une cité et transforme la peur du béton en film d’horreur

Le cinéma de genre français a longtemps rasé les murs. On lui préférait la comédie ou le drame social, et l’épouvante restait un truc qu’on allait chercher chez les Américains ou les Coréens. Sauf que depuis le carton de Vermines, ses araignées et sa cité entière transformée en piège, quelque chose a bougé. Kraken, qui sort le 30 septembre, s’engouffre exactement dans cette brèche.

Le pitch tient sur un ticket de métro. Dans une cité, une tour abandonnée alimente les rumeurs depuis des années. Des disparitions bizarres s’enchaînent, et cinq jeunes finissent par ne plus avoir le choix : il faut y retourner. Une fois dedans, ils comprennent vite que ressortir ne fait pas partie du programme. Voilà, vous connaissez la mécanique du huis clos vertical, et honnêtement, l’idée d’une barre d’immeuble transformée en organisme carnivore a de quoi filer un léger malaise.

Derrière la caméra, on trouve deux réalisateurs dont c’est le premier long métrage, Mohamed Chabane et Théo Jourdain Rhodes. Un premier film qui vise direct l’horreur pure plutôt que le petit drame prudent, ça mérite déjà qu’on lève un sourcil. Devant, il y a Manon Bresch, Alassane Diong et Guillaume Gouix, un casting solide pour tenir la tension. Et puis il y a la vraie curiosité du projet : Gazo et La Mano 1.9, deux rappeurs qui décrochent ici leurs premiers rôles au cinéma. Sur le papier ça peut sentir le coup marketing, dans les faits ça peut aussi coller parfaitement à l’ancrage du décor.

Vermines (DVD)

En attendant Kraken, le film qui a rouvert la porte à l’horreur française se revoit très bien un soir de frousse :

Vermines (DVD) → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Le film a eu droit à son avant-première mondiale le 15 septembre au Grand Rex, ce qui n’est pas exactement une petite salle de quartier. Distribué par Pan Distribution, il arrive donc en pleine saison propice, celle où on a envie de se faire un peu peur avant Halloween.

Reste la question qui fâche avec ce genre de projet : est-ce que ça tient la distance ou est-ce que le concept s’essouffle au bout de vingt minutes ? Impossible de trancher avant de l’avoir vu. Mais si vous aimez l’horreur qui prend racine dans un décor qu’on connaît tous, un peu poisseuse et pas seulement décorative, celui-là mérite qu’on lui laisse sa chance dans le noir.

Crédit photo : AlloCiné