Monstre change de proie et s’attaque à Lizzie Borden, la première femme de l’anthologie de Ryan Murphy
Depuis Dahmer, on connaît la mécanique de Monstre : un fait divers américain glaçant, un acteur qui se glisse dans la peau du coupable, et Netflix qui regarde les compteurs s’affoler. Cette quatrième saison, disponible depuis le 17 septembre avec ses huit épisodes d’un coup, tente pourtant quelque chose de neuf. Pour la première fois, la série ne raconte pas un homme. Elle raconte une femme.
Lizzie Borden, donc. Le nom ne vous dit peut-être rien, mais aux États-Unis c’est une légende noire, une comptine que les enfants récitent encore. En 1892, à Fall River dans le Massachusetts, son père Andrew et sa belle-mère Abby sont retrouvés massacrés à la hache. Lizzie, 32 ans, est arrêtée, jugée, puis acquittée au terme d’un procès qui a passionné toute l’Amérique. Personne d’autre ne sera jamais condamné. Le doute, lui, n’a jamais vraiment disparu.
C’est Ella Beatty qui hérite du rôle, et le choix n’est pas anodin. La jeune actrice est la fille de Warren Beatty et Annette Bening, autant dire qu’elle traîne un sacré héritage hollywoodien. Autour d’elle, Ryan Murphy et Ian Brennan ont réuni un casting solide : Vicky Krieps, Rebecca Hall, Billie Lourd, Jessica Barden. Du beau monde pour une histoire qui, sur le papier, tient surtout dans un huis clos familial étouffant.
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Et c’est peut-être là que la saison surprend. Les deux premières livraisons, sur Jeffrey Dahmer puis sur les frères Menendez, avaient été accusées de complaisance, de voyeurisme, de tout ce que vous voulez. La troisième, sur Ed Gein, avait laissé pas mal de monde de marbre. Là, la critique américaine parle de la saison la plus prenante depuis le début. Sans doute parce que le mystère reste entier : impossible de savoir, cent trente ans après, si Lizzie a réellement tenu la hache.
La formule Murphy, elle, ne bouge pas d’un pouce, avec ce goût prononcé pour le glauque esthétisé et les zones grises morales. Si les trois premières saisons vous ont saoulé, celle-ci ne vous réconciliera pas forcément avec le concept. Mais si le true crime bien ficelé vous parle, et si vous aimez les procès où la vérité vous file entre les doigts, les huit épisodes se regardent d’une traite. Un conseil quand même : évitez de compter les coups de hache.
Crédit photo : Netflix
