Agnès Obel revient après six ans avec The Meaning of Flowers, un album né dans le brouillard de la maternité
Six ans qu’on l’attendait. Depuis Myopia en 2020, Agnès Obel avait disparu des radars, et la voilà qui réapparaît ce 18 septembre avec The Meaning of Flowers, chez Deutsche Grammophon. Douze morceaux, écrits, arrangés, enregistrés et produits seule dans son studio berlinois. La Danoise n’a jamais aimé déléguer, on le savait, mais là elle pousse le bouchon encore plus loin.
Ce qui a tout déclenché, c’est la naissance de sa première enfant. Elle raconte que les petits bugs neurologiques de la maternité, ce fameux cerveau en compote des premiers mois, ont fini par nourrir sa musique au lieu de la bloquer. « Je voulais voir si je pouvais me rapprocher du sentiment d’un nouveau départ », explique-t-elle. Le résultat porte bien son titre.
Musicalement, on retrouve ce qui fait Obel depuis Philharmonics et Aventine : sa voix multipliée en chœurs fantomatiques, le piano posé au centre, les cordes qui enveloppent tout ça. Elle chante, joue les claviers, les synthés, bidouille ses samples, et laisse des invités poser violon, alto, violoncelle, lap steel, harmonium, flûte et saxophone. C’est dense sans jamais être chargé. Le premier extrait, « Laymelli », sorti le 21 août, donnait déjà le ton : presque sept minutes qui prennent tout leur temps, une nappe qui monte lentement et ne vous lâche plus.
Pour découvrir la Danoise avant de plonger dans ce nouvel album, son sublime Aventine reste la meilleure porte d’entrée.
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Alors oui, si vous cherchez le tube qui tape, passez votre chemin. Obel n’a jamais fait de la musique pour la voiture ou pour la salle de sport. C’est un disque de fin de soirée, de casque sur les oreilles, de lumière tamisée. Douze titres qui vont du très court, deux minutes à peine pour « Beyond the Sun », au morceau-fleuve, et qui parlent tous de la même chose au fond : recommencer, muter, se reconnecter.
Ce qui est chouette, c’est de la retrouver sur Deutsche Grammophon, le vieux label classique par excellence. Ça dit bien où elle se situe, quelque part entre la chanson et la musique de chambre, sans jamais avoir à trancher. Six ans d’absence, une maternité, un grand chamboulement intérieur : elle aurait pu revenir avec un truc bancal. C’est tout l’inverse. The Meaning of Flowers est peut-être son disque le plus apaisé, et franchement, ça fait du bien de la réentendre.
Crédit photo : Deutsche Grammophon
