Les Contrebandiers réunit enfin Ethan Hawke et Russell Crowe, dans un Oregon de 1933 où l’or vaut plus qu’une vie
Deux acteurs de ce calibre, et pourtant ils ne s’étaient jamais croisés à l’écran. C’est réparé. Les Contrebandiers, dont le titre original The Weight dit bien mieux le poids qui écrase son héros, réunit enfin Ethan Hawke et Russell Crowe.
On est en 1933, quelque part dans l’Oregon. Samuel Murphy, campé par Hawke, a perdu sa femme et croupit dans un camp de travail. Une seule chose le tient debout: retrouver sa fille Penny. Le directeur de la prison lui glisse alors un marché empoisonné, sa liberté contre un coup de main dans un trafic d’or. Un homme qui n’a plus rien à perdre finit toujours par dire oui.
Russell Crowe entre en scène en Clancy, celui qui tire les ficelles de la combine. Face à un Hawke tout en nerfs et en silences, il pose sa carrure et sa voix grave. Le rapport de force qui se dessine tient autant du bras de fer que de l’alliance forcée, et c’est le genre de film où personne n’est tout à fait blanc ni tout à fait noir.
En attendant de découvrir Russell Crowe en trafiquant d’or, on peut revoir le rôle qui l’a fait entrer dans la légende.
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Derrière la caméra, Padraic McKinley assume un récit de la Grande Dépression, avec sa poussière, ses camps de misère et sa morale élastique. Cent quatorze minutes. Le film a d’abord tourné dans les festivals, présenté à Sundance fin janvier puis à la Berlinale mi-février, avant d’arriver dans nos salles ce mercredi 16 septembre.
Ce qui donne envie, c’est surtout cette rencontre. Hawke, on le connaît plus intérieur, presque fragile, du Boyhood de Linklater aux rôles tourmentés qu’il collectionne depuis trente ans. Crowe, lui, reste cette présence massive qui remplit le cadre rien qu’en respirant. Les mettre dos à dos dans un décor de 1933, avec de l’or sale entre eux, ça pouvait faire des étincelles ou tomber complètement à plat.
Sur le papier, ça sent le bon polar d’époque, celui qui mise sur les visages plutôt que sur les fusillades. Le doute, c’est le scénario: ce genre de pitch, on l’a déjà vu s’essouffler après une heure. Mais bon, quand on aime les deux acteurs, on y va sans trop réfléchir. Et si vous hésitez sur votre séance de la semaine, celui-là a au moins le mérite de vous proposer autre chose qu’une énième suite calibrée.
Crédit photo : AlloCiné
