Kill Bill enfin en un seul film de quatre heures, et c’est la version que Tarantino réclamait depuis vingt ans

Le 8 juillet, les cinémas français affichent Kill Bill: The Whole Bloody Affair. Quatre heures et des poussières, un entracte de quinze minutes au milieu, et surtout une seule histoire au lieu de deux. C’est la version que Quentin Tarantino avait en tête dès le départ.

Petit rappel pour ceux qui ont vingt ans et découvrent le nom. En 2003 et 2004, La Mariée traquait ses anciens complices dans deux films distincts, Vol. 1 et Vol. 2. Ce découpage n’était pas une idée de mise en scène. Miramax et Harvey Weinstein trouvaient le montage trop long pour une seule séance, alors ils l’ont coupé en deux et vendu deux billets. Tarantino, lui, a toujours parlé d’un film unique.

The Whole Bloody Affair recolle donc les morceaux. On y gagne une vingtaine de minutes par volet, la fin en suspens du premier disparaît, le résumé qui ouvrait le second aussi. La grande scène du massacre des Crazy 88, dans la Maison des feuilles bleues, retrouve sa couleur d’origine. À l’époque, elle passait en noir et blanc sur une partie de sa durée, un bidouillage assumé pour éviter un classement trop violent aux États-Unis. Là, le sang gicle en rouge intégral. Certaines séances tourneront même en 70mm, ce format argentique géant que Tarantino chérit.

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Est-ce que ça vaut le déplacement quand on connaît déjà les deux films par cœur ? Honnêtement, oui. Voir la vengeance d’Uma Thurman d’une seule traite change complètement le rythme. Le premier volet, nerveux et sanglant, débouche sans coupure sur le second, plus bavard, presque country, avec ce final au coin du feu qu’on ne raconte pas ici. Le contraste prend enfin tout son sens. Et puis c’est le premier retour de Tarantino en salles depuis Once Upon a Time… in Hollywood, en 2019. Le bonhomme parle de raccrocher après un dixième film, donc chaque passage compte.

Un conseil pratique quand même : ces 253 minutes se méritent. Prévoyez de manger avant, calez-vous bien, et profitez de l’entracte pour bouger les jambes. Ce n’est pas une séance qu’on regarde d’un œil en pianotant sur son téléphone. C’est un vieux rituel de cinéphile, la salle plongée dans le noir pour un après-midi entier, façon péplum d’antan. Rare, et franchement jubilatoire.

Crédit photo : AlloCiné / StudioCanal