Le Palais, le roman où Désérable invente un gamin des bidonvilles capable de reconnaître tous les vins du monde les yeux bandés

Le Palais, le roman où Désérable invente un gamin des bidonvilles capable de reconnaître tous les vins du monde les yeux bandés

François-Henri Désérable a sorti son sixième roman le 20 août chez Gallimard, et le pitch a de quoi faire tousser les puristes du terroir. Son héros s’appelle Arun Kumar. Il naît dans les bidonvilles de New Delhi, grandit loin de la moindre bouteille, et se découvre un don complètement fou : un palais absolu.

L’équivalent, pour le vin, de l’oreille absolue chez les musiciens. Vous lui bandez les yeux, vous lui tendez un verre, et il vous dit le cépage, la parcelle, l’année. À tous les coups.

De là part une épopée qui ne tient pas en place. On file de l’Inde à un village de Bourgogne, on passe par New York, on finit aux Marquises. Désérable appelle ça une fable, et le mot est juste : c’est enlevé, ça carbure, ça ne se prend jamais trop au sérieux malgré le sujet.

Parce que le vin, dans la littérature française, ça vire vite au sermon de sommelier. Le champ lexical du bouquet, les notes de sous-bois, le vocabulaire qui sent le club fermé. Désérable évite le piège en accrochant tout ça à un personnage qui vient de nulle part et qui n’a aucune raison de savoir ce qu’il sait. Du coup on apprend des choses sur le vin sans jamais avoir l’impression de réviser.

Le Palais - François-Henri Désérable (Gallimard)

Le roman dont on parle, à glisser dans la pile de chevet :

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Il faut dire que le bonhomme a bossé son sujet. Le roman est documenté jusqu’aux détails de vinification, au point qu’on le lit un peu comme un guide déguisé en aventure. Sauf que voilà, ça reste avant tout une histoire, avec un gamin qu’on suit et qu’on a envie de voir réussir.

C’est peut-être ce qui explique pourquoi le livre est arrivé dans le peloton de tête de la rentrée. Il y avait 461 romans en lice cette année, et les jurés Goncourt et compagnie tournent jusqu’à la fin novembre. Désérable est déjà cité un peu partout, aux côtés de Jaenada et de quelques autres.

Pour qui c’est ? Pour ceux qui aiment les romans qui bougent, qui traversent le monde et vous font passer un bon moment sans vous assommer. Amateur de vin ou pas, d’ailleurs. C’est même plus rigolo quand on n’y connaît rien : on se retrouve dans la même position qu’Arun, à découvrir un univers entier. Un des bons candidats pour la pile de chevet de cet automne.

Crédit photo : Gallimard