Eva Gonzalès, la seule élève de Manet, a enfin droit à sa première grande rétrospective
On la connaît surtout à travers le portrait que Manet a peint d’elle, assise en robe blanche devant son chevalet. C’est un peu injuste. Eva Gonzalès était une peintre à part entière, et le Petit Palais a décidé de le rappeler. Du 15 septembre 2026 au 24 janvier 2027, le musée lui consacre « Parcours d’une artiste libre », près de cent œuvres réunies pour la première fois. Sa toute première grande rétrospective, plus de cent quarante ans après sa mort.
Gonzalès (1847-1883) a été la seule élève que Manet ait jamais accepté d’encadrer. Elle avait vingt ans en entrant dans son atelier, et elle en est ressortie avec une manière bien à elle: des scènes de la vie quotidienne, des portraits, du pastel qu’elle maniait avec une aisance rare. Son tableau le plus connu, « Une loge aux Italiens », conservé au musée d’Orsay, montre un couple à l’opéra avec une élégance qui tient debout toute seule, sans avoir besoin du nom du maître pour exister.
Sauf que voilà, l’histoire a surtout retenu le maître. Gonzalès est morte à trente-six ans, emportée par une embolie quelques jours après avoir accouché, à peine une semaine après Manet lui-même. Deux disparitions coup sur coup, au même printemps 1883. La postérité a gardé l’un et un peu oublié l’autre.
Pour prolonger la visite, ce beau livre remet Gonzalès et les autres peintres de l’impressionnisme a la place qu’elles meritent.
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L’exposition remet les choses en place. Elle la montre entourée de ses proches: sa sœur Jeanne, son modèle préféré, et son mari Henri Guérard, graveur. Le Petit Palais a monté le projet avec le musée Van Gogh d’Amsterdam, où les toiles partiront en février 2027, et avec le soutien du musée d’Orsay. Autant dire que le sujet est pris au sérieux.
Côté pratique, c’est avenue Winston-Churchill, dans le 8e, du mardi au dimanche de 10h à 18h, avec nocturne le vendredi et le samedi jusqu’à 20h. Un cycle de conférences accompagne le tout jusqu’en janvier.
Si vous aimez les impressionnistes et que les grandes files d’Orsay vous fatiguent, c’est franchement le genre de sortie qui vaut le détour. Redécouvrir une peintre effacée par un homme célèbre, ça a quelque chose de réparateur. Et puis cent tableaux d’un coup, pour quelqu’un qu’on n’expose quasiment jamais, on ne reverra pas ça de sitôt.
Crédit photo : Petit Palais – Paris Musées
