Histoires de la nuit, le film où Léa Mysius enferme une famille dans une seule nuit de cauchemar
Léa Mysius a un don pour transformer un décor tranquille en piège. Son nouveau film, Histoires de la nuit, arrive en salles le 16 septembre, et il tient sa promesse dès le titre. Tout se passe en une nuit, dans une ferme isolée du Limousin, et cette nuit-là ne ressemble à aucune autre.
L’histoire tient à un fil. Nora et Thomas, joués par Hafsia Herzi et Bastien Bouillon, mènent une vie discrète à la campagne avec leur fille. Leur seule voisine, Cristina, une peintre italienne solitaire, a le visage de Monica Bellucci. Et puis le passé remonte, comme une eau sale, et vient cogner à la porte au pire moment. On ne vous en dira pas plus, parce que le film joue précisément sur ce qu’on ignore.
Mysius adapte ici le roman de Laurent Mauvignier, un pavé de 2020 salué pour sa tension qui monte page après page. Faire un film d’un tel livre était risqué. Le romancier étire le temps, dilate chaque seconde. La réalisatrice, elle, resserre, et sa caméra colle aux personnages jusqu’à l’étouffement.
Le résultat a été présenté en compétition à Cannes en mai, et la critique s’est un peu divisée. Certains ont trouvé le suspense implacable, d’autres ont pointé une mécanique un peu trop prévisible une fois la machine lancée. Les deux ont sans doute raison. On sait assez vite où le film veut nous emmener, mais le trajet, lui, serre la gorge.
Le film adapte ce roman de Laurent Mauvignier, un thriller lent et suffocant qui se lit presque d’une traite.
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Ce qui frappe surtout, c’est le casting. Herzi et Bouillon forment un couple crédible, fatigué, humain. Benoît Magimel et Paul Hamy apportent une menace sourde. Et Bellucci, en peintre à l’écart du monde, ajoute cette étrangeté que Mysius aime tant, elle qui filmait déjà des enfants aux pouvoirs troubles dans Les Cinq Diables.
Alors, c’est pour qui ? Pour celles et ceux qui aiment les thrillers qui prennent leur temps avant de vous cueillir, ceux où la peur naît d’un silence plutôt que d’un sursaut facile. Si vous cherchez de l’action nerveuse, passez votre chemin. Mais si vous avez envie d’une soirée de cinéma qui vous laisse les mains un peu moites, celle-ci fait le travail.
Un conseil quand même. Évitez de le regarder seul, un soir de tempête, dans une maison un peu trop grande. Le film s’en chargera très bien tout seul.
Crédit photo : AlloCiné
