Raison et Sentiments repasse à l’écran, et cette fois c’est Daisy Edgar-Jones qui encaisse en silence pendant que sa sœur s’enflamme
Encore une adaptation de Jane Austen, oui. Sauf que celle-là a vraiment de quoi donner envie. Le 23 septembre, Raison et Sentiments arrive dans les salles françaises, et c’est Daisy Edgar-Jones qui reprend le rôle d’Elinor Dashwood.
Vous la connaissez sûrement pour Normal People ou pour Là où chantent les écrevisses. Ici elle joue l’aînée, celle qui garde tout à l’intérieur, qui ravale ses chagrins pour tenir la maison debout pendant que sa cadette Marianne, elle, vit chaque émotion comme une tempête. C’est tout le sujet du roman, écrit il y a plus de deux siècles : deux sœurs, deux façons opposées d’aimer, la tête contre le cœur.
L’histoire, pour ceux qui l’auraient oubliée, démarre sur un deuil. À la mort du père, les Dashwood perdent leur domaine et se retrouvent à l’étroit dans un petit cottage, sans le sou ou presque. Et là, forcément, il y a des hommes qui débarquent, des sentiments qui s’emmêlent, des espoirs déçus. Je n’en dis pas plus, ce serait dommage.
Derrière la caméra, il y a Georgia Oakley, qu’on avait remarquée avec Blue Jean, un premier film tout en retenue sur une prof lesbienne dans l’Angleterre des années 80. Autant dire qu’elle sait filmer les non-dits, ce qui tombe plutôt bien pour du Austen. Le scénario est signé Diana Reid, et la production vient de Focus Features et Working Title, la maison derrière à peu près toutes les grandes romances britanniques de ces vingt dernières années.
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Au casting, Esmé Creed-Miles campe Marianne, Caitríona Balfe joue la mère, Frank Dillane le séduisant Willoughby, avec Fiona Shaw et George MacKay dans les parages. Du beau monde.
Reste la vraie question, celle qui fâche un peu : pourquoi refaire un film que Ang Lee avait déjà porté au sommet en 1995, avec Emma Thompson et Kate Winslet ? La barre est haute, très haute même. Mais bon, chaque génération a droit à sa version, et voir des visages d’aujourd’hui reprendre ces dialogues a quelque chose de rassurant.
Pour qui, du coup ? Pour les amoureux des drames en costumes, celles et ceux qui relisent Austen chaque automne, et pour tous les autres qui cherchent un film où l’on pleure un peu sans avoir honte. Sortez les mouchoirs, ça arrive dans quinze jours.
Crédit photo : Universal Pictures / Focus Features / Working Title
