Pressure, le film où le sort du Débarquement tient à une fenêtre météo de trente-six heures

On connaît le Débarquement par les plages, les péniches, le courage des soldats. On oublie qu’avant tout ça, il y a eu un homme penché sur des cartes de pression, à parier la plus grande opération militaire de l’Histoire sur une accalmie qu’il était le seul à voir venir. C’est lui le héros de Pressure, en salles chez nous depuis le 9 septembre.

Le film d’Anthony Maras, adapté de la pièce de David Haig écrite en 2014, se déroule presque entièrement dans une pièce, à Portsmouth, dans les soixante-douze heures qui précèdent le 6 juin 1944. Andrew Scott y joue James Stagg, le météorologue en chef chargé de dire à Eisenhower s’il peut lancer ses hommes à l’assaut. Face à lui, Brendan Fraser campe le général américain, à qui il faut arracher une décision impossible : y aller et risquer le désastre si la mer se déchaîne, ou reporter et perdre l’effet de surprise, peut-être la guerre.

Toute la tension tient là-dedans. Stagg, un Écossais méthodique et un peu rugueux, flaire une brève accalmie le 6 au matin, quand ses collègues américains, eux, voient du beau temps pour le 5. Se tromper d’un jour, c’est envoyer des milliers d’hommes dans une tempête. On sait comment l’Histoire a tranché, et pourtant Maras arrive à nous tenir en haleine sur une décision dont on connaît déjà l’issue. Fort.

Le Jour le plus long, Cornelius Ryan

Pour prolonger le film et replonger dans les vraies coulisses du 6 juin 1944, le récit de référence de Cornelius Ryan.

Le Jour le plus long, Cornelius Ryan → voir sur Amazon

Lien affilié Amazon. En tant que Partenaire Amazon, je réalise un bénéfice sur les achats remplissant les conditions requises.

Le casting fait le reste. Andrew Scott, qu’on avait adoré en prêtre de Fleabag, transforme un type qui lit des baromètres en personnage bouleversant, rongé par le doute. Fraser, lui, prête à Eisenhower une lassitude qui sonne juste, loin du général de bronze des manuels. Kerry Condon, Chris Messina et Damian Lewis complètent une distribution qui n’a pas une seconde de mou.

C’est un huis clos, il faut le savoir. Pas de scènes de bataille spectaculaires, pas d’assaut filmé au ralenti. Juste des cartes, des téléphones, des visages fatigués et le tic-tac d’une horloge qui décide du destin de l’Europe. Si vous aimez les films où tout se joue dans une salle et dans un regard, celui-ci est pour vous. Et puis ça rappelle une chose simple : parfois, les vrais héros ne portent pas d’uniforme, ils portent des lunettes et un thermomètre.

Crédit photo : STUDIOCANAL