Blood Sacrifice, le polar suédois où un flic doit rappeler son père déchu pour coincer un tueur qui s’attaque à la police
Cinq épisodes, sortis d’un coup le 20 août sur Netflix, et un été suédois qui refuse de tomber dans la nuit. C’est là-dessus que joue Blood Sacrifice, la nouvelle série de George Kay. Vous le connaissez sans le savoir : c’est lui qui a écrit Lupin et Hijack. Cette fois il change de pays, de langue et d’ambiance, puisqu’il écrit pour la première fois en suédois.
Le pitch tient sur une ligne inquiétante. Un tueur en série s’en prend aux policiers de Stockholm, un par un, et l’enquêteur chargé de l’arrêter comprend vite qu’il est lui-même une cible. Thomas Berg, joué par le Norvégien Jakob Oftebro, est propre sur lui, respecté, méthodique. Sauf que voilà, pour avancer, il n’a pas le choix : il doit aller rechercher son père. Alfred Berg, ancien détective brillant devenu infréquentable, incarné par Peter Andersson, celui-là même qu’on avait vu en avocat répugnant dans Millennium. Le duo père-fils qui se déteste et qui doit bosser ensemble, c’est un classique du genre, mais ici il porte toute la série.
Ce qui frappe d’abord, c’est la lumière. Le tournage a eu lieu à Stockholm et dans son archipel, en plein soleil de minuit, et Kristoffer Nyholm en tire quelque chose de vraiment dérangeant. Nyholm, ce n’est pas n’importe qui derrière la caméra : on lui doit des épisodes de The Killing et de Chernobyl. Il filme un thriller nordique à l’envers du cliché, sans brume ni pénombre. Le crime en plein jour, sous une clarté qui ne s’éteint jamais, ça met mal à l’aise autrement.
Si Blood Sacrifice vous donne le goût du polar suédois, la trilogie Millénium reste la référence du genre (avec Peter Andersson, justement, au casting) :
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Alors oui, on a déjà vu mille polars scandinaves, et l’idée du tueur qui vise les enquêteurs n’est pas neuve non plus. Mais le format resserré à cinq épisodes évite l’écueil habituel du genre, celui de la saison qui s’étire pour rien. Ça se regarde d’une traite, un soir ou deux, sans temps mort.
C’est en suédois d’origine, à voir en version sous-titrée si vous voulez la vraie texture des dialogues. Pour qui aime les polars nordiques bien tendus, ou simplement une bonne enquête qui ne prend pas le spectateur pour un imbécile, c’est franchement une belle pioche de fin d’été.
Crédit photo : Adam Klingeteg / Netflix
